Assurance de prêt : ce qui a vraiment changé pour les emprunteurs…

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Depuis le 1er septembre 2022, la Loi Lemoine permet à tous les emprunteurs de changer d’assurance de prêt à tout moment mais également, dans certains cas, de ne plus remplir de questionnaire de santé. L’occasion de faire des économies, même si les prix ont parfois augmenté pour certains profils, révèle une étude réalisée par MoneyVox.

Si vous avez un crédit immobilier, vous en avez peut-être déjà bénéficié : Depuis le 1er septembre 2022, la loi Lemoine a restructuré les cartes d’assurance de prêt immobilier. Initialement connue sous le nom de « Loi du 28 février 2022 pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance-crédit », elle tient son nom de la Députée Agir Patricia Lemoine, qui a mené cette réforme.

Après une première partie au 1er juin pour les nouveaux crédits, la loi est entrée en vigueur pour tous les crédits immobiliers qui courent depuis le 1er septembre 2022. Elle vous permet notamment de résilier à tout moment votre assurance de prêt pour en choisir une autre, pour autant que cette dernière offre des garanties équivalentes.

Fin partiel du questionnaire médical

L’autre grand changement réside dans la possibilité pour certains emprunteurs de contracter sans remplir de questionnaire médical. L’assureur ne peut plus demander l’information concernant l’état de santé de l’emprunteur  » à condition que la part assurée des contrats de crédit en cours cumulés n’excède pas 200 000 euros par assuré. Ce plafond s’applique par personne, ce qui signifie que certains prêteurs jusqu’à 400 000 Euro sans avoir à remplir de questionnaire médical, à condition que le crédit soit remboursé avant le 60e anniversaire.

Ce dernier point préoccupait particulièrement les assurés, qui craignaient de s’assurer « à l’aveugle » sans payer de surprime, mais aussi que tous les clients qui jusqu’à présent avaient payé une surprime en raison d’un problème de santé, changent de contrat. à partir du 1er septembre. En conséquence, de nombreux observateurs s’attendaient à une hausse des prix d’environ 20 %.

Des tarifs en hausse surtout chez les assureurs alternatifs

Selon une étude exclusive de MoneyVox, basée sur les données de 51 contrats auprès de banques et d’acteurs alternatifs, cette augmentation a bien eu lieu : pour les « contrats Lemoine », c’est-à-dire sans assurance maladie, les taux sont en moyenne compris entre 18 et 20 %. Un chiffre qui cache certaines différences : dans le détail, les bancassureurs, qui représentaient en novembre 2020 87,6 % des contrats d’assurance de prêt selon un rapport du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), ont plutôt choisi de baisser leurs tarifs, contrairement aux assureurs alternatifs.

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Par exemple, pour un profil cadre de 35 ans, qui fait un prêt de 200 000 euros sur 15 ans et a donc droit à un contrat d’assurance sans question de santé, le taux d’assurance des contrats bancaires a augmenté en moyenne de 0,29 %. à 0,22 % entre mai et novembre 2022. Dans le même profil, le taux moyen des assureurs alternatifs est passé de 0,09 % à 0,11 %. Soit une hausse de 20 % en moyenne pour les alternatives, alors que les bancassureurs baissaient leurs tarifs de 26,56 %.

Sur un profil « cadre de 45 ans », qui emprunterait sur 15 ans et donc peut prétendre à un contrat sans questionnaire de santé, les taux varient beaucoup moins (de 0,21 % à 0,22 % chez les assureurs alternatifs et de 0,48 % à 0,47 % pour les bancassureurs). Il s’agit d’une augmentation de 7,42 % pour le premier et d’une diminution de 1,90 % pour le second.

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Les banques ont donc décidé de réduire leurs marges sur les profils les plus jeunes et sur les délégations d’assurance particulièrement intéressantes. Alors qu’un contrat bancaire pour le profil « cadre de 35 ans » était en moyenne trois fois plus cher qu’un contrat alternatif en mai 2022, le prix n’a varié du simple au double (+103%) qu’en novembre de la même année.

Un début d’harmonisation des taux qui s’explique par le volume de contrats détenus par les banques, plus susceptibles de diluer un risque potentiel, mais aussi par la marge réalisée jusqu’ici sur l’assurance de prêt, qui représente le principal bénéfice sur un crédit immobilier. L’ouverture à la concurrence oblige les bancassureurs à proposer des tarifs plus compétitifs, mais aussi à mieux personnaliser leurs offres. Pour ce faire, la bancassurance s’oriente vers plus de segmentation par âge. Si le prix du contrat baisse pour les profils de 35 ans, cela sera répercuté sur les autres emprunteurs, y compris les emprunteurs âgés de 50 ans et plus. A l’inverse, les assureurs alternatifs n’ont d’autre choix que d’augmenter leurs tarifs. En effet, leurs faibles marges les obligent à augmenter les prix pour tenir compte du risque supplémentaire d’assurer les emprunteurs qui n’ont pas à passer un bilan de santé.

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Beaucoup plus de changement d’assurance que de nouveaux crédits

Autre enseignement de cette étude : alors que la Loi Lemoine doit permettre à tout nouveau souscripteur de crédit immobilier de choisir entre le contrat proposé par la banque et un contrat alternatif, la vérité est bien différente. Les données collectées par MoneyVox montrent que la majorité des contrats récupérés par les assureurs alternatifs sont des résiliations (dans 70% des cas), plus que de nouveaux crédits.

Dans une période où l’accès au crédit immobilier est compliqué, notamment en raison de la hausse des taux, les emprunteurs acceptent de prendre l’assurance proposée par la banque pour obtenir leur crédit, quitte à changer pour un contrat alternatif.

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