Au Japon, les voyageurs ne peuvent pas encore enlever le masque

Photo of author
Written By MilleniumRc

Rédacteurs passionnés de culture, d'actualité et nouvelles de tout genre

Posté

Il y a 2 heures, Mis à jour il y a 42 minutes

Malgré l’assouplissement des mesures sanitaires contre le Covid-19, une partie de la population continue d’en porter. De quoi surprendre les touristes, qui ne sont plus tellement habitués à ce petit morceau de tissu.

Difficile de faire tomber le masque au Japon. Alors que le pays accepte à nouveau les touristes étrangers sans visa sur son sol depuis le 11 octobre, la population continue de vivre (presque) au temps du Covid-19. Certes, le virus continue de se propager, mais les niveaux de contamination sont bien inférieurs à ceux de la septième vague qui a touché le pays en août dernier (environ 36 000 cas jeudi contre 260 000 le 19 août, au plus haut de la vague, selon le John -Traqueur de l’Université Hopkins).

On pourrait alors croire à la fin de l’utilisation systématique de cet objet, synonyme de pandémie, au pays du Soleil Levant. Non! Sur place, la grande majorité de la population continue de le porter à l’extérieur et dans les transports. « La situation est un peu paradoxale » observe Thierry Maincent, président de Japan Experience (anciennement Vivre le Japon), une agence de voyage spécialisée dans l’organisation de séjours japonais. Il confie au Figaro : « Le Premier ministre Fumio Kishida a prononcé un discours début octobre expliquant que le masque n’était plus nécessaire à l’extérieur. Sauf que cette directive n’a pas été suivie : dans la rue, près de neuf personnes sur dix continuent d’en porter ! il se demande.

Une situation qui surprend, alors que presque tous les pays du monde ont abandonné leur port extérieur. Au point de provoquer des incompréhensions chez les voyageurs étrangers. Et parfois même… avec des japonais !

À LIRE  Agenda à Paris et en Ile de France

Question de mœurs

Le gouvernement continue de pousser la population à se débarrasser du morceau de tissu : « L’une de ses craintes est que l’omniprésence du masque dans les villes crée une atmosphère repoussante pour les touristes » détaille Tokiya, étudiante japonaise à Niigata. « Son port rend également difficile la tenue de certains événements publics ». La priorité est donc à la cohérence pour le gouvernement japonais, qui ne fixe plus de quota quotidien d’arrivée sur son territoire depuis le 11 octobre. Le Premier ministre a également promis, en marge de son allocution du 3 octobre, que le Japon « travaillait pour rester avec le reste du monde », explique le quotidien japonais anglophone The Japan Times.

Si la confusion règne, c’est aussi que, dans le même temps, les autorités sanitaires japonaises implorent les autorités politiques de ne pas céder à la tentation de démasquer la population : « Nous voulions aller plus loin, mais nous avons été découragés par les experts [de santé] qui craignait l’arrivée soudaine d’une épidémie de grippe » selon un proche de Fumio Kishida qui s’est entretenu avec Mainichi. Face à ces atermoiements, le message n’est pas passé à la population, perdue par les injonctions contradictoires.

A lire aussiLe Japon rouvre aux touristes : tout ce qu’il faut savoir

Cette obsession du masque renvoie aussi la population à sa gestion de l’image : « Ils sont très soucieux de ce que les autres peuvent penser d’eux. Beaucoup de gens aimeraient pouvoir l’enlever mais ne le font pas car tout le monde autour d’eux le porte encore », nous décrit Tokiya. Ce constat est partagé par Thierry Maincent : « Ce n’est pas seulement dû à des considérations médicales ou scientifiques, mais aussi culturelles. C’est une question d’habitude : les Japonais font très attention à ne pas infecter d’autres, quelle que soit la maladie », ajoute-t-il.

À LIRE  CARTE. Journées du Patrimoine 2022 en Dordogne, tous les lieux, musées et châteaux à visiter

Le masque est également toujours obligatoire dans certains restaurants ou établissements hôteliers, qui sont même autorisés à faire expulser les touristes récalcitrants, même si ces cas sont rares. « Ces mesures sont en réalité peu appliquées » balaie Thierry Maincent. « En revanche, certaines entreprises peuvent, par exemple, demander à leurs clients d’en mettre un. Il y a aussi encore des séparations en verre entre les tables dans les cafés », ajoute-t-il.