BD – Xavier Dorison : « Pour écrire une bonne histoire, le scénariste…

Photo of author

Rédacteurs passionnés de culture, d'actualité et nouvelles de tout genre

Publié le

Vendredi 16 décembre 2022 à 12h27

Sommaire

Une tempête à Cuba

Le scénariste a publié avec le dessinateur Timothée Montaigne chez Glénat « 1629 », une aventure maritime basée sur des faits réels. Un naufrage sur fond de mutinerie dans une barque menée d’une main de fer. L’occasion de se rencontrer.

L’histoire pour parler d’aujourd’hui

Xavier Dorison : « J’ai découvert cette histoire de la VOC (Vereenigde Oostindie Compagnie, la Compagnie des Indes orientales) et du navire Batavia, (qui apparaît dans le livre Jakarta) alors que j’étais à Cuba lors d’une tempête. J’ai eu un vrai coup de cœur. Je savais que je le dirais parce que ça me touchait de manière assez viscérale. Peut-être que j’avais aussi cette peur d’être coincé sur un bateau, ou sur une île à la merci de gens complètement fous. »

Tout est vrai

« Creuser dans l’histoire m’apporte de l’évasion. C’est pourquoi j’écris : vivre d’autres vies, dans d’autres lieux, dans d’autres temps… L’histoire est un puissant moteur d’écriture. C’est un habile moyen de mise en abyme avec le présent. J’ai On retrouve de nombreux éléments sociologiques, politiques et contemporains dans l’histoire de Batavia. Le récit historique peut nous renvoyer dans notre monde et notre temps, l’air du néant. J’aime l’histoire qui nous permet de raconter des histoires intemporelles.. ”

« L’histoire et les personnages de ce navire sont vrais. Ce voyage vers ce naufrage existe. Mais en tant que scénariste, je dois choisir des points, un angle et une porte pour montrer cette réalité. Et juste avec ça, je commence à tricher. même histoire racontée par quelqu’un d’autre serait différente.

À LIRE  Maison de Georges Clemenceau, un havre de paix à Saint-Vincent-sur-Jard

Ensuite, il y a des raisons dramaturgiques qui nous obligent à faire des changements. Par exemple, le personnage de Hayes dans la vraie vie est un soldat, pas un topman. Mais cela nous aurait privés de lui pour la moitié de l’histoire.

Il n’y a pas de truc pour écrire une bonne histoire

L’histoire semble parfois assez dure. En réalité, ce qui s’est passé sur le Batavia a été encore plus violent et terrible. Avec Thimotée Montaigne, la créatrice, nous avons donc choisi d’adoucir cette histoire afin de la transmettre plus facilement. »

« Une fois l’énorme documentation collectée, je trie. Je ne garde que 10 % de ce que je collecte et écris. Malheureusement, il n’y a pas d’astuce pour créer une histoire qui intéresse les lecteurs. Par exemple, comment arrive-t-on à aimer un personnage ? Je commence à réfléchir à la raison pour laquelle nous aimons les gens dans la vraie vie.

Pour rendre une histoire crédible, il faut jouer avec la joie de croire qu’un personnage a une certaine forme d’apparence et de découvrir sa réalité. Les scénaristes commencent toujours par mentir. Le début d’une histoire est toujours un gros mensonge. Et peu à peu les événements nous amènent à la vérité.

Une fois les personnages créés, il faut les équilibrer. C’est pourquoi nous travaillons par polarisation. Dans un personnage, nous essaierons de rejeter toutes les approches possibles de l’histoire.

Un tableau blanc rempli de Post-it®

Si une femme est soumise comme Lucrèce en 1629, on mettra des gens qui ne le sont pas. Souvent, je prends un thème et je vois comment tous les personnages l’illustrent. Je m’en tiens à ce qu’on appelle des archétypes. »

À LIRE  Bblack Cruise : un festival afro au fil des eaux de la Méditerranée !

« J’ai chez moi un grand tableau blanc rempli de Post-it®. L’intérêt des Post-it® est que je peux les superposer. Le rapport entre eux est déterminé par les couleurs. Cela permet de voir si les caractères sont bien équilibrés Ensuite, pour m’y retrouver, j’écris avec différents marqueurs et stylos.

Une fois que j’ai fait tout ce travail, je l’importe dans un tableur Excel. Plus nous écrivons de l’écriture manuscrite à l’ordinateur, plus nous structurons nos pensées.

5 conseils à un jeune scénariste :

La forme finale que je donne au dessinateur comprend un pan coupé, les dialogues, et un storyboard le plus précis possible sans être une contrainte. Si le designer a des idées et des suggestions, je suis super ouvert. Mais au moins je suis arrivé au bout de ma vision. C’est un processus de travail qui fonctionne. Et parce qu’on s’entend très bien, ça marche. »

Premier conseil : Résumez votre histoire en deux phrases et parlez-en à vos amis. Si vous ne pouvez pas le faire, vous n’avez pas encore de problème. Vous avez des idées, mais pas de sujet.

Un deuxième conseil : documentez-vous ! »

Astuce 3 : Au début, trouvez une histoire simple avec le moins de personnages possible. Plus vous restreignez, mieux c’est.

Astuce 4 : Commencez par faire ce que vous voulez écrire avant de le faire en vous basant sur les grands principes de l’écriture dramatique.

Et dernier conseil : écrire, c’est réécrire. Il est également relu. Hemingway a dit: « Chaque premier brouillon est du M … »

LISTE |