Comment Djibouti veut devenir l’épicentre du tourisme vert

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Written By MilleniumRc

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Il y a 12 heures, Mis à jour il y a 3 heures

Les autorités veulent développer cette économie dans un pays à la diversité biologique étonnante et préservée. Loin du tourisme de masse, ils misent particulièrement sur l’écotourisme de plongée.

« Une poignée de cailloux que Dieu a jetés dans un coin après avoir créé le monde. » C’est ainsi que les Djiboutiens ont l’habitude de décrire leur pays. Plus petit que la Bretagne, Djibouti (23 180 km2) occupe une position stratégique sur la Corne de l’Afrique avec son accès au détroit de Bab-el-Mandeb (30 km) qui sépare la péninsule africaine de la péninsule arabique (Yémen), la mer Rouge de l’océan Indien.

Le pays est stable et ne connaît pas les tempêtes politiques et guerrières qu’ont connues ses voisins (Erythrée, Ethiopie, Somalie, Yémen). « Nous avons un microclimat sûr et rassurant pour les touristes », assure Ayeid Mousseid Yahya, ambassadeur en France et délégué permanent auprès de l’Unesco. En 2021, nous avons accueilli 114 102 touristes dont 38% français, 29% européens et 8% américains. Notre objectif pour 2035 est d’en attirer 500 000. Ce secteur est générateur d’emplois. Il représente 3 % de notre PIB annuel (2 850 millions d’euros) et nous souhaitons qu’il en représente 15 % d’ici 2035 ».

Vers un tourisme durable

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A l’opposé, le relief de Djibouti enchaîne plaines, plateaux, chaînes de montagnes (2028m), plages, mangroves, îles et îlots, qui séduisent aussi bien les routards que les amoureux de leur confort : « Nous avons deux hôtels de luxe, le Palace Kempinski avec piscine et spa ouvert en 2006 et le Sheraton ouvert en 1981 et rénové en 1999. Mais nous avons aussi des hôtels 3 étoiles, des locations Airbnb et des résidences hôtelières, explique Mohamed Warsama Dirieh, ministre du Commerce et du Tourisme, une offre qui a évidemment vocation à s’étoffer, mais en matière de gestion environnementale maîtrisée .

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Les dirigeants du pays ne veulent pas se lancer dans un développement désordonné, comme ce fut le cas à Cancun (Mexique), Sharm El Sheikh (Egypte) ou sur la Costa Brava en Espagne. « Nous sommes un pays jeune, indépendant depuis juin 1977 et nous apprenons des erreurs des autres », reconnaît diplomatiquement l’ambassadeur. Nous travaillerons pour un tourisme écologiquement durable, mais aussi éthiquement responsable ». Afin d’atteindre les objectifs touristiques 2035-2050, les hôtels doivent être construits avec des matériaux spécifiques pour ne pas devenir des dissipateurs thermiques qu’il faut ensuite refroidir avec une climatisation énergivore.

Une biodiversité marine préservée

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Le pays recèle un trésor, avec la baie de Tadjourah où de mi-octobre à fin janvier se rassemblent des dizaines de requins baleines, attirés par le plancton. Les plus gros poissons, comme les requins, appartiennent à la famille cartilagineuse (pas de squelette). Avec sa masse bleu quadrillée incomparable, ce gentil géant (14-15m) est souvent vu dans la baie, nageant près de la surface avec sa bouche ouverte pour filtrer le plancton microscopique ou les petits poissons ne dépassant pas 2cm. L’écotourisme a évidemment évolué pour aller observer cette collection : « mais avec des règles précises, souffle Osman Abdi Mohamed, directeur général de l’Office national du tourisme. Les bateaux de la zone doivent être accrédités et ne doivent pas être plus de cinq en même temps, les l’approche des animaux fait l’objet d’une charte internationale (moteurs réglés à 2 nœuds sur 50m, 6 nœuds sur 150m …) ».

Enfin, Djibouti est un pays éminemment connu pour la plongée. « L’archipel des Sept Frères est accessible par des croisières plongée », explique Gérard Carnot, directeur du voyagiste spécialisé Ultramarina. C’est une zone corallienne gonflante et poissonneuse, réservée aux plongeurs confirmés, avec de forts courants, synonyme de rencontres inoubliables avec des espèces pélagiques, thons, barracudas, requins, raies manta. En croisière également, la baie de Tadjourah est plus paisible, avec une visibilité parfois réduite du fait de la présence de plancton. C’est un marché de niche, mais nous y envoyons de plus en plus de plongeurs depuis 2019. »

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Djibouti abrite également un endroit célèbre comme s’il n’y en avait qu’un au monde – en Islande, sur la faille sismique de Silfra avec la plaque eurasienne d’un côté et la plaque américaine de l’autre. A Djibouti, le détroit de Goubet-Al-Kharab est le point de rencontre de deux plaques tectoniques : la plaque africaine et la plaque arabique. Une énorme fissure parsemée de grottes, de tunnels et de cavités pleines de faune.