Déserts médicaux : faut-il obliger les médecins à s’installer ?

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Élise Fraih

Président du Reagjir Interconnecté (Groupement Autonome des Jeunes Généralistes Installés et Suppléants)

Laura Arthur

Vice-président de l’Association des citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM)

Parmi les plus de 17 ans, 6,3 millions de personnes sont sans médecin en France, selon l’Assurance maladie. Du côté des spécialistes, la situation n’est pas meilleure. Selon les derniers calculs du géographe Emmanuel Vigneron, une quarantaine de départements se situent désormais sous le seuil critique de 40 spécialistes pour 100 000 habitants, contre une vingtaine en 2012.

Au quotidien, tout le monde, même en ville, éprouve la difficulté de trouver un médecin à un prix abordable. Encore une fois, généralistes et spécialistes ne nous mettent pas dans le même bateau. Les premiers sont en « secteur 1 » à plus de 95%, ce qui signifie que les tarifs qu’ils proposent sont fixés avec l’Assurance Maladie. Chez les spécialistes, au contraire, plus de 50 % sont en « secteur 2 », c’est-à-dire qu’ils pratiquent le surplus de salaire en même temps qu’ils sont agréés par l’assurance maladie.

Jusqu’à présent, la réponse politique a principalement pris la forme d’incitations à s’installer dans des zones disposant de peu de ressources. Mais dans les rapports parlementaires, les propositions législatives et le débat public plus large, la question de l’obligation de déployer des médecins dans les zones peu fréquentées, ou d’un accord sélectif, est de plus en plus sur la table.

D’autant qu’ils sont les seuls personnels de santé dont la répartition géographique n’est pas soumise à réglementation : les sages-femmes, les infirmières ou encore les pharmaciens ne peuvent pas s’installer où ils le souhaitent. Est-il temps de remettre en cause la liberté d’établissement des médecins ?

Pour y répondre, nous avons posé la question à deux praticiens dont les organisations ont fait des propositions dans le débat public.

Elise Fraih dirige l’intersyndicale Reagjir (groupement autonome de jeunes généralistes installés et remplaçants) qui regroupe une quinzaine de structures régionales. Elle est également médecin généraliste, installée depuis quatre ans et demi à Dachstein, en Alsace, à une trentaine de minutes de Strasbourg, dans une zone non considérée comme un désert médical, mais où nombre de ses confrères ont plus de 60 ans.

Laure Artru est vice-présidente de l’Association des citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM), créée en 2016 pour alerter contre la pénurie de médecins et l’injustice sociale qui en découle. Elle est également rhumatologue au Mans, dans la Sarthe, une région peu dotée en généralistes et spécialistes. Entretien croisé.

La mesure revient régulièrement dans le débat public : il est grand temps de remettre en cause la liberté d’établissement des médecins pour lutter efficacement contre les déserts médicaux. Qu’est-ce que tu penses ?

Elise Fraih : Chez Reagjir, nous ne pensons pas que la coercition soit la solution car cela ne fonctionne pas. Agnès Firmin Le Bodo, ministre déléguée auprès du ministre de la Santé et de la Prévention, l’a dit : 87 % du territoire français peut être considéré comme un désert médical. S’il y a pénurie de médecins, ce n’est pas la restriction qui améliorera la densification. Les problèmes sont territoriaux. La coercition a été testée en Allemagne, elle n’a pas résolu le problème à l’échelle du territoire.

Que faire alors ? Il faut d’abord avoir une meilleure connaissance des réseaux de soins primaires d’un territoire. Concrètement, il faut mieux identifier les personnels de santé qui interviennent, non seulement les médecins généralistes, mais aussi les spécialistes et autres personnels de santé comme les infirmiers, les massothérapeutes-kinésithérapeutes, les sages-femmes… Savoir qui sont les nouveaux installés, qui partent ou vont prendre sa retraite, etc. Parce que pour bien pratiquer les soins primaires, il faut savoir à qui parler. Il faut aussi travailler avec les élus pour décider, au niveau départemental, quel est le lieu d’implantation le plus pertinent.

Nous recommandons donc la mise en place d’un guichet unique de conseil et d’assistance à l’installation de l’ensemble des personnels de santé. Ce compteur permettra de répondre aux questions des jeunes praticiens ainsi que des médecins proches de la retraite qui s’interrogent sur la relève, travaillant ainsi sur la continuité des soins sur un territoire donné, en tenant compte de ses caractéristiques et de ses besoins.

Laure Artru : Parler de coercition ne peut être que contre-productif et contrarier les professionnels. L’installation est un terme très fort dans notre métier. Chez ACCDM, nous comprenons que nous ne pouvons demander à personne de s’installer – avec tout ce que cela implique de définitif – dans un désert médical, qui est souvent un désert de bien d’autres choses. Cela dit, nous pensons que l’organisation du travail des médecins peut et doit être améliorée. Il existe plusieurs leviers pour cela.

L’une d’elles consiste à mettre en place un accord sélectif, qui n’est pas une restriction à l’installation, mais une restriction à la non-installation. Concrètement, dans une zone en sureffectif, les médecins n’obtiendront plus la convention d’assurance maladie ou n’obtiendront qu’une convention en secteur 1, sans frais de reprise éventuels en cas de problème de disponibilité financière. S’il y a trop de médecins dans la région, l’assurance maladie peut même refuser le rendez-vous. Les médecins exerceraient alors en secteur 3, hors convention.

La contractualisation sélective a-t-elle un sens pour les médecins généralistes ? N’est-ce pas plus pertinent que pour les spécialistes ?

L.A. : Il est vrai que cette proposition concerne majoritairement les spécialistes, car seuls 17 % du territoire sont suffisamment dotés en médecins généralistes, et 95 % d’entre eux sont en secteur 1 (sans dépassement d’honoraires), alors que les spécialistes pratiquent des dépassements d’honoraires de plus de 50 %. %. Vu la pénurie de médecins généralistes, il semble en effet difficile d’empêcher un médecin généraliste de s’installer n’importe où.

« Aujourd’hui, tout le monde contribue, mais tout le monde n’a pas accès aux soins. Là où il y a plus de médecins, la consommation de soins est plus élevée » – Laure Artru

Pour les spécialistes, le problème est réel. Pour les pédiatres, par exemple, le rapport densité minimale/densité maximale entre les zones les moins douées et les plus douées est de 1 pour 24. Plus généralement, les spécialistes s’installent principalement dans les grandes villes et à proximité des mers et des montagnes, là où il fait bon vivre.

Il faut faire le point sur ce que cela signifie : Aujourd’hui, tout le monde contribue, mais tout le monde n’a pas accès aux soins. Là où il y a plus de médecins, la consommation de soins est plus élevée. Au Sud, par exemple, un patient a plus accès aux soins, la collectivité coûte aussi plus cher, et ce coût est supporté par l’ensemble de la société. C’est une très grande injustice.

E.F. : Je suis d’accord que pour les généralistes les contrats sélectifs n’ont pas de sens. Une autre piste d’accord sélectif est parfois évoquée, sous la forme d’une installation autorisée uniquement à la retraite. Sauf qu’en pratique, les médecins prennent parfois un associé deux ou trois ans avant la retraite pour ralentir et passer la main. Le relais se fait comme ça. Une application trop stricte d’un principe de « pension pour installation » qui ignorerait ces réalités n’aurait pas beaucoup de sens.

Pour les spécialistes je ne commenterai pas car mon syndicat ne les représente pas. Cependant, je craindrais une fuite vers le secteur 3 si la mesure était adoptée. Cela conduira donc à une augmentation des dépassements d’honoraires et à la mise en place d’une médecine duale, de manière encore plus aggravée que ce que l’on voit aujourd’hui.

Le projet de loi sur le financement des caisses de sécurité sociale, en cours d’examen au parlement, prévoit l’ajout d’une quatrième année de formation continue – c’est-à-dire l’internat – pour les médecins généralistes. Cette année devrait se faire dans un endroit abrité. Que pensez-vous de cette mesure ?

L.A. : Cette proposition gouvernementale nous paraît maladroite, car mal rédigée, imposée trop vite, mal rémunérée et sans garantie pour être correctement contrôlée. Il s’agit en fait d’un poste efficace en tant que tel, et non d’une année de formation supplémentaire.

Cependant, notre association est favorable à la mise en place d’une période de travail transitoire de deux ans pour les jeunes médecins des zones défavorisées. Ce travail peut être valorisé sous la forme d’une affectation d’assistant clinique qui s’appliquerait aux spécialistes et pas seulement aux généralistes. Il y aurait eu une période de professionnalisation après la fin des études, avec une rémunération attractive et un poste d’enseignant de formation universitaire. Nous voulons que les jeunes professionnels aient l’obligation d’exercer dans un petit domaine, mais avec la certitude de pouvoir arrêter au bout de deux ans si cela ne leur convient pas.

E.F. : J’ai de sérieux doutes sur les effets qu’aura la quatrième année de pratique. Après avoir été responsable de clinique à l’université pendant quatre ans, j’ai eu l’opportunité d’accueillir des stagiaires. Leur méconnaissance des enjeux concrets liés à l’exercice des arts libéraux est totale, qu’il s’agisse des décomptes ou des déclarations à l’Urssaf pour le versement des cotisations.

On ne peut souhaiter plus d’aménagements pour les jeunes médecins sans aborder la question de la formation des médecins au fonctionnement et à l’organisation du système de santé, et comment entrer en contact avec les territoires – élus et autres personnels de santé – quand on est praticien.

Dès la première année, la question de l’entraînement concret et quotidien doit se poser. « Que veux-tu faire ? Quel médecin veux-tu être ? Et dès la première année, la pratique doit être l’occasion d’apprendre sur ces questions. Être médecin de ville, c’est par exemple savoir prioriser les patients. S’il y a trop de demandes, le rendez-vous d’un tel patient qui vient renouveler une ordonnance doit être annulé.Le patient peut se rendre à la pharmacie, quitte à ajuster l’ordonnance par la suite.

« On ne peut pas demander à un jeune médecin de mener un projet de santé à bout de bras dans un territoire où tout manque, même si c’est temporaire » – Elise Fraih

Bref, avant même d’envisager une quatrième année, il faut consolider ce qui est transféré avant. Et puis on se demande le but de cette quatrième année et ses conditions de réalisation : avec quel accompagnement ? pour faire quoi? S’il s’agit simplement d’envoyer des quatrièmes années dans des zones sous-financées pour combler les lacunes, c’est une très mauvaise idée.

Que pensez-vous de la proposition clinicat-assistantat1 de l’Association des citoyens contre les déserts médicaux ?

E.F. : A Reagjir, nous envisageons des contrats de remplacement de « services publics » qui consisteront à orienter certains remplaçants vers les zones prioritaires, c’est-à-dire les zones peu congestionnées. Mais cela doit rester une incitation. On ne peut pas forcer une personne à aller dans une région avec peu de ressources.

Un désert médical est souvent en sous-effectif, comme nous l’avons dit, non seulement en médecins et en professionnels de santé, mais aussi plus largement dans les services publics et les infrastructures. On ne peut pas demander à un jeune médecin de porter un projet de santé à bout de bras dans un territoire où tout manque, même temporairement.

Il faut faire de la dentelle sur les territoires. Le territoire devient alors attractif. Dans le cas contraire, la proposition est simplement de retarder le projet d’installation en exposant le jeune médecin à une situation extrêmement compliquée, source de tension et d’inconfort au travail.

Faire de la dentelle sur les territoires, on comprend que c’est nécessaire. Mais en attendant, que faisons-nous pour atténuer un problème pressant aujourd’hui ?

E.F. : Cette ruée, nous l’avons avertie depuis longtemps, mais la classe politique ne la saisit que maintenant. Les gouvernements successifs ont réduit le numerus clausus et laissé les territoires déserter. Mais nous ne pouvons pas faire payer à une génération les erreurs des générations précédentes. Je n’ai pas de solution toute faite. L’Etat doit procéder à une évaluation détaillée des situations territoriales et proposer des solutions adaptées au cas particulier.

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Une mesure immédiate sera d’alléger la charge de travail des professionnels qui sont déjà sur place. Le temps de consultation est perturbé par des démarches administratives, attestations de maternelle2, bons de transport pour l’hôpital, attestations sportives etc.

On dit souvent aux patients, notamment à l’hôpital, « vous devriez aller voir votre médecin », « nous n’avons pas l’autorisation de vous interrompre, vous allez voir le médecin ». Mais c’est faux. Il convient de rappeler aux hôpitaux et à de nombreux services que le médecin généraliste n’est pas une secrétaire de luxe.

Si un service hospitalier convoque un patient dont le transport est à payer, il appartient au service de délivrer le titre de transport. Tout ce travail administratif prend du temps. Une partie peut simplement être supprimée. Sur le plan personnel, cela me permettra de libérer une bonne demi-heure de plus chaque jour, ce qui équivaut à deux patients supplémentaires. Ce n’est pas négligeable.

Une autre mesure consistera à mieux promouvoir les aides à l’installation, aujourd’hui mal connues.

Les mesures incitatives pour aider les médecins à s’installer dans les zones sous-peuplées coûtent cher (87 millions d’euros en 2015 selon la Cour des comptes). Et quand on les évalue, on voit qu’ils ne sont pas très efficaces…

E.F. : Il y a peu d’informations sur les effets de ces mesures. Ce qui est certain, c’est qu’ils sont peu promus et mal connus des jeunes médecins. Nous sommes favorables à une meilleure évaluation des coûts, mais aussi à une simplification des unités existantes. Un guichet unique centralisant toutes les informations permettra de lutter contre la méconnaissance des jeunes médecins sur les différentes incitations.

L.A. : Les incitations sont très décevantes et peu efficaces. Ils sont de plusieurs types : L’Engagement de Service Public (ESP) est une aide financière mensuelle accordée durant les premières années d’études de médecine à l’étudiant avec un financement le plus souvent accordé par l’institut, en contrepartie d’un travail de 3 à 5 ans en milieu rural . Cet ESP n’engage pas celui qui s’y engage : il peut résilier le contrat, racheter les rentes et s’affranchir de la dette d’emploi.

Dans le cas de 50 000 euros d’installation en zone défavorisée, délivrés par les agences régionales de santé, ARS, et de toutes les aides transitoires (un ou deux ans) proposées par les communes (logement, exonération du loyer du cabinet et dépenses de toutes natures) , elles sont limitées dans le temps, et présentent le risque de voir les praticiens changer de service pour bénéficier d’une autre aide. De plus, cela met les communes et les départements en concurrence les uns avec les autres, dans une course contre la surenchère.

L’ACCDM pointe le problème des intérimaires dont les horaires de travail sont parfois trop courts et qui, pourrait-on dire, correspondent aux intérimaires de l’hôpital public. Un meilleur contrôle de la rémunération permettrait-il de gagner du temps médical ?

L.A. : Le problème n’est pas le remplacement en lui-même, qui est nécessaire, mais le remplacement qui devient une forme d’entraînement dans la durée. Certains médecins sont suppléants depuis plus de dix ans. Ils travaillent deux jours par semaine et gagnent un salaire de 3 000 euros par semaine. C’est une mauvaise utilisation du diplôme, qui est peu utilisé, et un service qui n’est pas rendu à la population.

E.F. : Un salaire de 3 000 euros par semaine pour deux jours de travail ? C’est probablement un spécialiste. L’idée que le médecin généraliste gagne un revenu important en ne travaillant que quelques jours par semaine appartient au passé. Lorsque vous êtes salarié du secteur 1, vous ne pouvez pas gagner décemment votre vie en travaillant quelques jours par semaine en tant que remplaçant.

« La pratique multiprofessionnelle est l’avenir. Je gagne beaucoup de temps en collaborant avec d’autres personnels de santé. J’ai pu laisser un patient à la maison au lieu de l’envoyer dans une maison de retraite, car je sais qu’une infirmière viendra matin et soir. » – Elise Fraih

Le médecin généraliste remplaçant est tenu de trouver des remplaçants permanents et d’être d’astreinte. Il participe ainsi à la continuité des soins. Si quelqu’un choisit de travailler moins pour s’occuper de ses enfants ou développer d’autres activités, c’est une question liée à des choix de vie et sur laquelle je ne commenterai pas.

A Reagjir, où nous représentons également des substituts, nous réalisons régulièrement des enquêtes auprès de cette population. En France, 9 000 médecins généralistes de remplacement ont été installés pour 90 000 médecins généralistes. De ces 9 000, environ 4 000 sont des stagiaires qui ont déjà complété trois semestres de pratique et remplacent occasionnellement des médecins en même temps qu’ils exercent. Nos enquêtes auprès des remplaçants montrent qu’ils s’installent rapidement (entre six mois et cinq ans) après la fin des études pour la grande majorité. Les personnes qui restent intérimaires à vie sont minoritaires.

Certains sont des intérimaires plus longs sur un territoire, mais régulièrement. Ils contribuent ainsi à la continuité des soins.

L.A. : En fait, je m’adressais plutôt aux spécialistes. Il existe encore une frange de médecins substituts qui abusent de ce statut et de ce qu’il permet. De nombreux jeunes intérimaires choisissent le régime fiscal de la micro-BNC afin de ne pas payer trop d’impôts. Pour en profiter, ils doivent rester en dessous d’un certain nombre d’heures de travail pour déclarer un chiffre d’affaires inférieur à 72 600 euros par an. C’est problématique. Cela dit, il est vrai que les chiffres manquent pour évaluer la marge d’action.

E.F. : Les intérimaires abusifs me semblent être une minorité qu’il n’est pas nécessaire de légiférer. Mais j’entends les questions et elles sont légitimes. Les pouvoirs publics – notamment l’Urssaf et la CNAM – doivent cartographier précisément ce que font les remplaçants. Jusqu’à présent, il existe peu de données fiables. Les remplaçants n’ont pas été convenus. Même s’ils exercent dans le cadre de la convention avec l’assurance maladie, ils sont rémunérés par le médecin qu’ils remplacent avec un système de remboursement d’honoraires.

Pour des raisons techniques qu’il serait trop long de détailler ici, la traçabilité des actes posés par les substituts reste incomplète. Il est donc impossible de dire exactement combien d’actes sont effectués par un substitut, et si ce dernier est impliqué dans l’accès permanent aux soins ou non. D’après nos recherches, à Reagjir, on voit que oui. Mais ces résultats n’ont évidemment pas la même portée que si c’était la CNAM ou l’Urssaf qui le disait.

La lutte contre les déserts médicaux passe par une pratique pluriprofessionnelle, incarnée par des centres de santé et des centres de santé, où exercent non seulement des médecins, mais aussi d’autres professionnels de santé. Le Comité de coordination des établissements ordinaires (CLIO) en santé, qui regroupe sages-femmes, médecins, masseurs-kinésithérapeutes, infirmiers, pharmaciens, chirurgiens-dentistes et podologues-podologues, a récemment formulé des recommandations dans ce Sens. Quelle est ta position?

E.F. : La pratique multiprofessionnelle est l’avenir. Je gagne beaucoup de temps en collaborant avec d’autres personnels de santé. J’ai pu laisser un patient à la maison au lieu de l’envoyer dans une maison de retraite, car je sais qu’une infirmière viendra le matin et le soir. Et combien de fois la pharmacie bloque-t-elle une ordonnance pour moi parce que je ne peux pas voir le patient pour un renouvellement ! Lors de la vaccination Covid, les pharmaciens nous commandaient les doses et nous nous répartissions la tâche : je rentrais chez moi pour les patients qui ne pouvaient pas se déplacer, ils faisaient les injections à la pharmacie. La coordination interdisciplinaire est une grande partie de la solution.

Pour faciliter cela, nous sommes favorables à une rémunération mixte, à l’activité et au forfait. Le développement de forfaits permet d’améliorer le temps de coordination lié au travail d’équipe ainsi que la fonction de surveillance offerte par les médecins traitants. La rémunération à l’acte, en revanche, est plus adaptée aux procédures techniques et complexes.

La deuxième partie de la solution consiste à libérer du temps médical avec des infirmières en pratique avancée (APN) et des assistants médicaux. Une infirmière de pratique avancée spécialisée en hypertension ou en diabète sera formée à ces pathologies. Mais c’est aussi faire accepter aux patients qu’ils ne doivent plus voir le médecin tous les trois mois, mais tous les six mois. Si cette délégation est sous tutelle, nous ne nous y opposerons pas. D’autre part, il faut veiller à ce que délégation ne soit pas synonyme de moindre soin.

L.A. : Nous sommes également très positifs quant à la pratique multiprofessionnelle à l’ACCDM. Le drame des déserts médicaux est qu’il s’agit souvent de déserts absolus, où les professionnelles en soins se sentent isolées. La pratique multiprofessionnelle peut y remédier. Cela dit, les propositions salariales, par exemple, pour les médecins proches de la retraite qui veulent continuer à exercer mais ne veulent plus diriger un cabinet, ne sont pas aussi nombreuses qu’on pourrait le croire.

C’est pourquoi, à côté des centres de santé et des Ehpad qui se construisent, il faut penser à des dispositifs permettant aux médecins sortants de continuer à exercer sur leur lieu de travail habituel. Pour cela, il faudra supprimer toutes les cotisations retraite de ces sportifs, pour leur permettre de réduire leur temps de travail en leur permettant de gagner leur vie. La réduction des cotisations versées à la CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France) pour ces médecins existe aujourd’hui, mais elle n’est pas suffisante.

Pourquoi si peu de médecins en France ?

Quant à la délégation de tâches, elle est nécessaire, mais à condition qu’elle soit effectivement sous tutelle. Dans mon département, la Sarthe, deux infirmières de pratique avancée travaillent dans l’un des centres de santé de La Ferté Bernard. L’IPA surveille l’hypertension, le diabète ou le cancer, ce qui est bien. Médicalement, ça se passe très bien : les patients sont généralement vus d’abord par l’APN puis par le médecin si besoin, mais pas toujours. Les patients ne sont pas toujours contents de ne pas voir leur médecin. Il y a donc un gros travail pédagogique à faire.

Le deuxième problème est financier. La formation APN, qui s’adresse aux infirmiers ayant au moins trois à cinq ans d’expérience mais souvent plus, coûte cher : 20 000 € par an pendant deux ans. Et au final, la rémunération d’un API est insuffisante pour l’effort investi, jusqu’à 2000 euros par mois. Les infirmières sont compétentes et désireuses d’en faire plus. Mais il faut reconnaître leur travail, c’est-à-dire les rémunérer correctement. Ces obstacles expliquent pourquoi il n’y a aujourd’hui que 1 700 API alors qu’il en faudrait beaucoup plus.

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Idem pour les pharmaciens : ils peuvent désormais proposer, par exemple, le kit de dépistage du cancer du côlon, à condition d’avoir été formés par un centre de coordination du dépistage du cancer. L’assurance maladie a prévu une indemnité pour la livraison des trousses de… cinq euros ! C’est ridicule. Ils devraient être payés plus.

Pourquoi plus de médecins en France ?

La délégation de tâches est donc intéressante, mais elle doit se faire dans de bonnes conditions. On ne peut résoudre les problèmes des déserts médicaux avec des cases de téléconsultation et des équipes de soins primaires composées d’infirmiers s’ils ne sont pas formés à cette tâche. Cela implique la formation, la rémunération, le mandant et cette responsabilité est claire. Sinon, c’est un faux sentiment de sécurité et cela nuira aux patients.

Car si un numerus clausus longtemps insuffisant explique en partie le phénomène, le manque de diplômés tient aussi en partie aux ambitions des jeunes générations de médecins d’exercer leur métier autrement. Surtout en ne négligeant pas leur qualité de vie professionnelle et personnelle.

Pourquoi limiter le nombre de médecins ? Un accès aux soins limité Avec moins de médecins, moins de procédures, moins d’ordonnances… et donc moins de frais ! Mais moins de médecins, loin de réduire réellement les coûts, limite surtout l’accès aux soins pour un nombre croissant de personnes.

Où il y a le plus de médecin en France ?

Pourquoi ne trouve-t-on plus de médecin ? Numerus clausus, principale cause des déserts médicaux. Un système mis en place « au début des années 1960 ». A l’époque, on parlait de « foule » de médecins : « Avant le numerus clausus, on formait plus de 10 000 médecins par an. Le premier numerus clausus était de 8 000 ou 8 500 médecins formés par an.

Cette chute spectaculaire du nombre d’étudiants en médecine est évidemment l’une des principales raisons de ce qui nous préoccupe ici. Depuis quelques années, le Numerus clausus n’a cessé d’augmenter pour pallier la pénurie de médecins, jusqu’à ce qu’il soit aujourd’hui aboli.

Pourquoi il y a une pénurie de médecins ?

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de médecins en France ? Comment l’expliquer ? D’abord à cause des inégalités territoriales croissantes. Dans les départements ruraux, déjà touchés, la désertification médicale s’intensifie. Au contraire, les grandes villes attirent toujours plus, principalement en raison de leurs hôpitaux universitaires.

Pourquoi en France n’arrive-t-on plus à avoir assez de médecins et de praticiens hospitaliers ? Inégalité territoriale Que ce soit pour la médecine générale ou la médecine spécialisée, les écarts régionaux sont très importants (mais aussi au sein d’un même département), avec un accès aux soins très difficile et des délais de prise en main des consultations pouvant dépasser six mois.

C’est le département des Hautes-Alpes qui avait la plus forte densité de médecins pour 100 000 habitants en 2020, avec 139 médecins.

Pourquoi il y a une pénurie de médecin ?

Où sont les déserts médicaux en France ? La Seine-et-Marne (77) et la Seine Saint-Denis (93) font partie des départements les plus touchés par la désertification médicale. Ce phénomène touche toutes les régions françaises. Et contre toute attente, les zones urbaines ne sont pas épargnées.

La pénurie de médecins omnipraticiens vient concrètement du fait que trop peu d’étudiants obtiennent leur diplôme de médecine générale.

Pourquoi peu de médecin en France ?

Quel est le salaire moyen d’un médecin généraliste ? En France, le salaire médian de la profession de médecin généraliste tourne autour de 6 000 à 10 000 euros bruts par mois. Cela correspond à 72 à 120 000 euros bruts par an. Le salaire net perçu chaque mois avant impôt sera supérieur à 5 000 euros.

Quels sont les médecins les plus riches ?

Où y a-t-il le plus de médecins en France ? C’est le département des Hautes-Alpes qui avait la plus forte densité de médecins pour 100 000 habitants en 2020, avec 139 médecins.

La pénurie de médecins omnipraticiens vient concrètement du fait que trop peu d’étudiants obtiennent leur diplôme de médecine générale. Nous avons expliqué plus haut les raisons ambitieuses de la spécialisation.

Pourquoi ne formons-nous pas plus de médecins ? Pourquoi y a-t-il une pénurie de médecins ? Ce phénomène est dû notamment au niveau insuffisant du numerus clausus – c’est-à-dire du nombre d’étudiants en médecine qui atteignent la 2ème année – au cours des années 1990, augmentant les difficultés à trouver un médecin traitant.

Des voix s’élèvent alors sur les dangers d’une inflation des effectifs médicaux, avec le double spectre d’une augmentation des dépenses que l’on pense stimulée par l’offre de soins, et d’un appauvrissement des médecins devenus trop nombreux.

Est-ce que les médecins sont riches ?

Parmi les spécialités les plus lucratives figurent les oncologues (240 000 € du BNC), les anesthésistes (166 900 €), les ophtalmologues (145 800 €) et les chirurgiens (136 000 €).

Quel est le médecin qui gagne le plus ? Pour ouvrir ce classement des professions libérales qui rémunèrent le mieux, c’est le corps médical spécialisé en dermato-vénérologie, plus souvent appelé dermatologue. Il travaille principalement sur les maladies de la peau, des muqueuses et du cuir chevelu.

Pourquoi les médecins ne viennent plus à domicile ?

Quels sont les métiers les mieux rémunérés en médecine ? Cardiologue : jusqu’à 9 000 € par mois. Chirurgien : jusqu’à 11 500 € par mois. Dentiste : jusqu’à 7 500 NOK par mois. Dermatologue : jusqu’à 7 000 NOK par mois.

Les chirurgiens sont-ils riches ? Le podium est complété par les chirurgiens, qui gagnent en moyenne 176 840 euros par an. En revanche, on trouve des médecins généralistes, avec 82 020 euros de revenus, soit 57 % de moins qu’un anesthésiste !

Dans le classement des professions libérales, les médecins, associés aux dentistes, ont un revenu d’activité mensuel d’au moins 17 740 euros, se plaçant derrière les professions juridiques et comptables (1,8940 euros), et devant les « entreprises pharmaceutiques » (13 340 euros).

Pourquoi les médecins sont-ils riches ? Les médecins disposent de plusieurs leviers pour augmenter leurs revenus : ils peuvent accepter plus de patients, exercer une activité salariée en parallèle de leur activité libérale ou encore augmenter leurs tarifs, s’ils sont en secteur 2.

Comment faire pour avoir un médecin rapidement ?

L’Association médicale suédoise appelle à une réévaluation des visites à domicile, au cœur de leur activité. Une action jugée mal rémunérée, qui entraîne une perte d’attractivité et met en péril le modèle de SOS Médecins, explique le président de 20 Minutes, le Dr Jean-Christophe Masseron.

Comment faire venir un médecin à domicile ? Pour obtenir rapidement un médecin à domicile, vous pouvez demander un rendez-vous avec SOS Médecins, contacter une association de médecins gratuits, rechercher un médecin dans les annuaires en ligne.

Pourquoi tout le monde veut faire médecine ?

Comment savoir si un médecin vient chez vous ? Notre site ameli.fr vous permet de rechercher des professionnels de santé proches du domicile de votre mère. Ceci est l’annuaire de la santé, je vous invite à le consulter pour trouver un nouveau médecin.

Que faites-vous lorsque vous ne trouvez pas de médecin ? Contacter le médiateur de la CPAM Cela se fait via son compte Ameli dans l’onglet « Mes démarches », ou par courrier, en joignant le questionnaire « Difficultés d’accès à un médecin traitant », téléchargeable sur le site de la caisse.

La solution d’urgence la plus simple pour trouver un médecin : appeler SOS Médecins. Cette association, qui reçoit 4 millions d’appels par an, regroupe près de 1 000 médecins urgentistes, dont 60 % des opérations sont réalisées la nuit, le samedi après-midi, le dimanche et les jours fériés.

Quelle est le but de la médecine ?

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La profession médicale exige un engagement et un travail acharné, et beaucoup choisissent d’entrer dans ce domaine parce qu’ils ont pour vocation d’aider les autres. Pour certains, c’est un sens inné de la compassion ou le besoin de redonner à la société.

Comment Peut-on définir la médecine ?

Pourquoi est-ce que je veux faire médecine ? Les études médicales sont conçues pour ceux qui veulent aider les gens à retrouver une bonne santé. Votre but sera de garder les gens en vie, en bonne santé, ou de les suivre jusqu’à la mort.

Pourquoi la médecine est-elle une profession noble ? Quant aux avantages de ce noble métier, ce métier attire les étudiants en raison de ses revenus élevés, de son prestige, du respect des autres et du contact avec les patients.

  • â Science dont le but est l’étude, le traitement, la prévention des maladies ; l’art de mettre, d’entretenir ou de restaurer un être vivant dans les meilleures conditions de santé.
  • Pourquoi la médecine est-elle importante ? La santé dicte comment nous fonctionnons et vivons nos vies. Les maladies et les blessures peuvent avoir un impact catastrophique sur notre qualité de vie globale. L’une des raisons pour lesquelles être médecin est si gratifiant est que cela aide les patients à retrouver une bonne santé.
  • Ensemble des connaissances scientifiques et des moyens de toute nature mis en œuvre pour la prévention, la guérison ou le soulagement d’une maladie, d’une blessure ou d’une infirmité.
  • Quels sont les types de médicaments ? 1 ¸â£ Spécialités médicales :
  • – Addictologie.
  • – Allergologie.
  • – Anatomie et cytopathologie.
  • – Anesthésie-réanimation.

Pourquoi j’ai choisi la médecine générale ?

– Biologie médicale.

– Dermatologie et vénéréologie.

– Endocrinologie-diabétologie-nutrition.

Qui est le meilleur médecin de France ?

– Génétique médicale.

Son rôle évolue également : en effet, le médecin généraliste est désormais le pivot central du parcours de soins du patient. De plus, la médecine générale a l’avantage de traiter une multitude de patients : les personnes âgées, les enfants, les adultes de tous âges et de tous horizons, les jeunes, autant de problèmes différents.

Quelle est la motivation pour devenir médecin ? Quelles sont vos motivations pour devenir médecin ? Exercer un métier pour se sentir utile, aider et prendre soin des gens, aimer la biologie, ne pas avoir de problèmes de postes vacants… Autant de raisons qui peuvent vous pousser à vous orienter, après le bac, vers des études dans les métiers de santé.

Pourquoi aimes-tu la médecine ? Un métier où l’on peut aider les autres, où l’on peut travailler avec passion au quotidien et qui reste un métier reconnu par nos concitoyens, être médecin n’est pas anodin. Malgré les difficultés, ne baissez pas les bras, car c’est sans aucun doute l’un des plus beaux métiers du monde.

Quel est le meilleur pays en médecine ?

Il s’agit du Dr Thierry Amzallag, chirurgien à l’Institut d’ophtalmologie Somain.

Quel est le médecin le plus important ? Ambroise Paré (1509 ou 1510 – 1590) Ambroise Paré était un chirurgien et anatomiste français, peut-être le plus célèbre de tous, au point qu’il a donné son nom à de nombreux établissements de santé, publics et privés.

Quels sont les 10 meilleurs hôpitaux du monde ?

Qui est le meilleur docteur ? Louis Pasteur Il est sans aucun doute le plus célèbre des médecins français. Louis Pasteur, qui a donné son nom au célèbre institut du XVe arrondissement de Paris, était internationalement connu pour son vaccin contre la rage.

Qui est le meilleur chirurgien du monde ? Mohamed Bourguiba, chirurgien tunisien exerçant à Boston aux USA et spécialisé dans la chirurgie des tumeurs, vient d’être nommé par l’American College of Surgeons (ACS) comme l’un des meilleurs chirurgiens au monde.

Quel pays est fort en médecine ?

Selon l’étude, la Corée du Sud possède le meilleur système de santé au monde. Taïwan, le Danemark, l’Autriche, le Japon et l’Australie suivent, tous mieux classés que la France.

Quel pays a les meilleurs soins de santé ? En termes de santé, le Japon, Singapour, la Corée du Sud, la Norvège et Taïwan occupent les cinq premières places du Legatum Legatum Prosperity Index™ 2021.