Déserts médicaux : un ophtalmologiste ouvre un cabinet secondaire…

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Depuis mars dernier, un ophtalmologiste montalbanais, Jacques Rouleau, a ouvert un deuxième cabinet à Cahors, où il se rend toutes les deux semaines. Trois orthoptistes y travaillent à plein temps.

« 10 % de gens ont une pathologie qu’ils ignorent »

Vous ne l’avez peut-être pas vu, mais un nouveau cabinet d’ophtalmologie a ouvert à Cahors depuis le mois de mars. Alors que Lot souffre d’une pénurie de médecins et surtout de spécialistes, un nouvel ophtalmologiste est presque un événement tant ils sont rares. Depuis 30 ans, la pratique du Dr Jacques Rouleau est bien connue des Montalbanais puisqu’elle compte au moins 75 000 patients. « J’ai aussi travaillé pendant 20 ans avec le Dr Xavier Albertini, ophtalmologiste de Cahors, qui m’envoyait ses patients qui avaient besoin d’être opérés. Quand il a arrêté, il y a environ deux ans, je me suis dit qu’il ne fallait pas laisser ce patient en suspens. J’ai aussi eu beaucoup de patients de Lot », raconte l’ophtalmologiste de 63 ans.

Il décide alors d’ouvrir un bureau supplémentaire, différent de son siège principal, comme il l’avait déjà fait il y a cinq ans chez Golfech dans le Tarn-et-Garonne, une structure déjà bien implantée et qui fonctionnait très bien. Ainsi, une secrétaire et trois orthoptistes libéraux se relaient à Cahors à plein temps pour vérifier et remplacer les lunettes. Le docteur Jacques Rouleau valide à distance les consultations et les ordonnances. Au moindre doute, il est convoqué par des orthoptistes, et si une pathologie est suspectée, le patient est orienté vers un ophtalmologiste qui vient à Cahors le mardi une fois toutes les deux semaines.

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Les dérives de certains centres

« Tout est supervisé, il y a un ‘protocole d’organisation’. Je gère toute la partie médicale et le suivi des pathologies. On constate que 10% des personnes ont une pathologie qu’elles ignorent. J’en vois aussi plus à Cahors… A la limite, on a l’impression que les gens n’ont pas vu de médecin depuis des années ! J’ai eu deux urgences de décollement de rétine en deux semaines. On arrive à des situations qu’on ne devrait jamais voir », admet Jacques Rouleau.

Pour ce dernier cabinet, le médecin a investi près de 200 000 euros dans du matériel de dernière génération. Deux réfracteurs automatiques permettent des examens visuels plus rapides et plus précis pour déterminer la correction. Puis un scanner oculaire pour faire des « fonds oculaires » et examiner la rétine, ce qui permet de détecter des maladies comme le diabète ou l’hypertension artérielle. « Aujourd’hui, au lieu d’une consultation de 20 minutes, cela ne prend que 10 minutes. Grâce aux orthoptistes, ça me permet aussi de gagner du temps et de me consacrer au médical », souligne l’ophtalmologiste qui opère la cataracte et la myopie.