En Vendéen, un centre de soins non programmés pour lutter contre les déserts médicaux

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Le soulagement se lit sur son visage. Après un « refus total » de cinq ou six médecins généralistes d’examiner son fils de 18 mois, qui toussait de plus en plus la nuit, Manon a obtenu un rendez-vous au Centre de soins non programmés (CSNP), situé à a été inauguré en janvier. La Roche sur Yon (Vendée).

Installé au centre hospitalier, il est destiné à accueillir des patients en souffrance aiguë, sans urgence vitale, et qui n’ont pas trouvé d’autre solution en ville. « Je pars avec une ordonnance de Ventoline et de Célestène car il est asthmatique », explique cette adjointe administrative de 25 ans qui habite la commune de Chantonnay, durement touchée par le désert médical. En 10 ans, la Vendée a perdu près de 20% de ses généralistes. Dans le même temps, les visites aux urgences ont doublé pour atteindre 180 000 par an.

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« La Vendée est un territoire dynamique qui accueille de nombreux nouveaux arrivants, dont de jeunes médecins, mais cela ne suffit pas à compenser les nombreux départs à la retraite, explique le docteur Romain Bossis, 33 ans, généraliste à La Roche-sur-Yon et vice-président de la Profession. Communauté de Santé Territoriale (CPTS). D’autant que les jeunes médecins de famille consacrent plus de temps à chaque patient dans sa vie personnelle et familiale. De ce fait, les places manquent, et les patients sans médecin se multiplient. On compte 112 000 dans le département, soit 16 % de la population.

Réguler la demande de soins

Afin d’éviter de cacher les appels d’urgence, dont la présence a doublé en dix ans, la médecine de ville et l’hôpital ont appris à abattre leurs murs. Pour convaincre, rendez-vous au centre de contrôle, au sous-sol des urgences. D’un côté, un médecin urgentiste et des assistants gèrent les appels au 15 (Samu). En revanche, un médecin généraliste reçoit un appel au 116 117, le numéro d’appel des médecins généralistes, accessible en journée. Dans la moitié des cas, un conseil par téléphone suffit. « Cela évite les rendez-vous inutiles et la surconsommation de soins », explique le Dr Bossis.

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Cet après-midi-là, son collègue a observé les photos des jambes rouges d’un petit garçon sur une tablette. « Cette éruption est définitivement virale, vous n’avez rien à faire », dit le médecin aux parents inquiets à l’autre bout du fil. Il est assisté par des prestataires de soins non programmés (OSNP) qui recueillent des informations administratives et médicales (symptômes, antécédents, allergies, etc.).

« C’est un nouveau métier très intéressant », déclare Catherine Padioleau. Parfois, les gens ont juste besoin d’être rassurés. Certains évoquent un léger mal de gorge, une piqûre d’insecte ou même une fièvre de 37°C ! Dans l’autre moitié des cas, un rendez-vous est pris au CSNP ou au cabinet d’un médecin généraliste qui a accepté de réserver des places à ces patients sans solution.

« Dépanner les gens »

Trois types de praticiens se relaient au CSNP, ouvert tous les après-midi de la semaine : les praticiens actifs, les retraités et les jeunes suppléants qui n’ont pas encore soutenu leur thèse. Tous sont payés par l’hôpital pour cette séance. « Je viens ici deux à quatre fois par mois », explique Brigitte Tregouët, 64 ans, généraliste à la retraite, heureuse de ne plus enchaîner les journées de neuf à dix heures. J’aime aider les gens qui viennent pour un mal de dos, une forte fièvre ou un pied cassé négligé. »

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Pour ceux qui ont besoin d’un suivi au long cours mais qui n’ont pas de médecin, une consultation expérimentale s’est ouverte juste à côté, accessible aux étudiants en médecine générale à partir de la neuvième année. Une bouée de sauvetage pour Marie-Françoise, 71 ans. « Aucun médecin ne voulait de moi », s’inquiète cette nouvelle résidente, qui se remet d’un double cancer du sein. Désormais identifiée comme prioritaire, elle recevra un rendez-vous chez le médecin dans les prochains mois. « Tout ce qui me coince serait mieux », souffle-t-elle, déjà apaisée par cette perspective.

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Des mesures contre la crise des urgences

Sans attendre les conclusions de la « mission flash » sur les urgences fin juin, la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon a annoncé mercredi 8 juin une série de « premières mesures » pour surmonter un « été difficile » à l’hôpital :

– Doublement des heures supplémentaires rémunérées pour le personnel non médical et du temps de travail supplémentaire pour les médecins (indemnisation en cas de dépassement, en moyenne sur quatre mois, des 48 heures hebdomadaires).

– Prise de fonction immédiate pour les infirmiers et étudiants infirmiers ayant terminé leur formation initiale en juin et juillet, sans attendre leur diplôme.

– Des facilités de conciliation travail-retraite pour les retraités « volontaires ».