« Je ne m’imaginais nulle part mais chez moi » : entretien avec Kader Boudaoud, le nouveau patron de France 3 Toulon

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Written By MilleniumRc

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Son visage et sa voix vous sont probablement familiers. Pendant vingt ans, Kader Boudaoud a été l’une des figures du service des sports de France 2 et de Stade 2, son émission sportive hebdomadaire phare, où il a notamment couvert et commenté le football.

« Lassé du terrain » et des allers-retours incessants entre Paris et Toulon, où vivent sa femme et ses deux enfants, le Brignolais, fan invétéré des Verts de « Sainté », a demandé son transfert en 2019.

Il est aujourd’hui directeur adjoint de France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur, et rédacteur en chef de Toulon.

Autour d’un café, sur la place Besagne, Kader Boudaoud rembobine, à quelques mètres de ses nouveaux locaux.

Tout sourire, comme à la maison.

Où était votre enfance ?&#xD ;

A Brignoles, le plus beau village du monde ! Mon berceau familial. Tous mes frères et sœurs y sont nés, nous y avons tous grandi, et mes parents y sont arrivés très tôt, avant même l’indépendance de l’Algérie.

Le jeune Kader avait-il déjà une idée de ce qu’il voulait faire de sa vie ? &#xD ;

Pas vraiment. Comme tous les petits garçons, il voulait être pilote d’avion. Le journalisme n’a pas été une révélation. C’est « à cause » de mon grand frère Zinedine, qui était correspondant de presse et qui a tout arrêté pour aller en école de journalisme alors qu’il était en thèse éco. J’ai pensé que cela semblait intéressant. J’étais à l’école.

Vous voulez couvrir le sport ? &#xD ;

Certainement pas. Je voulais être journaliste pour raconter des histoires. J’aime le sport comme tout le monde, mais je ne me suis pas réveillé la nuit en pensant que je voulais être journaliste sportif.

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Mais vous avez atterri au service des sports de France 2…

Je ne sais pas si c’est parce que mon frère le faisait, ou parce qu’on le regardait beaucoup à la maison, mais je voulais vraiment faire de la télé. Après avoir participé au lancement d’ITélé, la chaîne d’information de Canal +, j’ai eu la chance d’y rencontrer quelqu’un qui était rédacteur sportif à France 2. Au début des années 2000. Changement également dans la direction sportive avec l’arrivée de Charles Biétry. Ils m’ont proposé un CDD de six mois. Ça a commencé comme ça.

Et le foot ? &#xD ;

Je crois qu’une carrière se construit avec des qualités, et surtout avec des opportunités. Pour le football, c’est encore un concours de circonstances. Quand Charles Biétry et Christophe Josse sont arrivés, ils se sont appuyés sur les jeunes journalistes et ont insisté pour me mettre sur les matchs de foot en direct.

Je ne voulais pas devenir aigri. Et j’avais fait le tour.

Cet environnement vous a-t-il plu ?

Je n’avais pas ce côté soutien, à part Saint-Etienne, parce que là, on ne s’en remet pas (rires). Mais j’ai beaucoup aimé cet environnement. Un match de foot en direct, on ne voit que les deux mecs commenter, mais en fait, c’est une machine de guerre. J’ai aimé cette ambiance de camaraderie pour remplir deux heures d’air. Mais je n’aurais pas voulu faire ça. Je n’ai pas conçu mon travail sans rapport.

Quel est votre plus beau souvenir ?

Quand on a eu les droits de la FA Cup, la première fois que j’ai commenté le derby Liverpool – Everton à Anfield Road, en termes d’émotion en direct, c’était quelque chose. Sinon, ma plus grande rencontre sportive est Christian Karembeu. Son histoire m’intéressait, son parcours m’intéressait, sa culture m’intéressait. Je l’ai rencontré, je lui ai dit et il est devenu mon ami.

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Ça reste entre nous

Un jour, vous êtes-vous ennuyé ? &#xD ;

Bio express

Oui. Il y a eu un déclic lorsque Zidane est revenu comme entraîneur du Real. Mon patron m’a demandé d’aller à Madrid pour faire le reportage. Et là, je me suis rendu compte que je n’avais plus envie d’aller sur le terrain. Je l’ai fait pendant vingt ans, j’ai un peu sacrifié ma famille. Et un jour, vous vous réveillez et vous vous dites : « Le journalisme est un sacerdoce. J’ai trop de respect pour ce métier. Je ne peux pas le faire sans le vouloir. » J’ai fait tant de belles choses, de belles rencontres, de beaux voyages… Je ne voulais pas m’aigrir. Et j’avais fait le tour.