« La fermeture de l’hôpital Saint-Roch nous tue » : que feront les commerces de proximité en attendant le prochain commissariat ?

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Sur la place des rues Penchienatti, Defly, Delille à Nice : les vieilles boutiques semblent souffrir. D’autres plus récents sont en plein essor. Quelles sont les attentes liées au futur hôtel de police ?

Publié le 11/11/2022 à 22:15, mis à jour le 11/11/2022 à 22:07

Jour de pluie en novembre. Tristes ruelles autour de l’ancien hôpital Saint-Roch qui reçoit encore les urgences dentaires.

« L’impact de la fermeture de l’hôpital a été énorme ! Ça nous a tués. Il n’y a plus personne. Tout est fermé », raconte « le plus vieux commerçant de la rue Delille » : le cordonnier qui est proche de l’ancien établissement de santé fermé depuis 2015 « . J’ai déménagé ici en 1982. La rue était animée avec de nombreux magasins de pièces mécaniques, des restaurants. C’était une bonne époque. J’avais une très grosse clientèle composée d’infirmières. Je travaillais jusqu’à 19 heures le soir », se souvient celui qui, à 5 heures du soir, le mercredi 9 novembre, s’apprête à fermer sa boutique faute de passage. C’est « à la fin » mais il « [est] inquiet pour les plus jeunes ».

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Bonne résistance des restaurants

Également parmi les plus anciennes du quartier : la boutique experte en robes de mariée, Mariage d’amour. Une institution, à l’angle des rues Gioffredo et Defly, fondée en 1989.

Rideau baissé, ne semble pas encore avoir trouvé d’acquéreur. Juste en face « la pharmacie est fermée depuis des lustres », confirme l’un des restaurateurs de la rue Defly.

Les restaurants, en revanche, résistent particulièrement dans ce quartier du centre-ville, avec la rue Delille dont l’identité s’affirme dans l’assiette aux tables gracieuses. Et des adresses qui marchent bien, comme le Café Poulette.

C’est le métier du métier qui se bat pour se renouveler. Place Maréchal, au-dessus du parking, « fermeture définitive » indique un panneau affiché sur la porte de la pharmacie.

« Je pense que, dans quelques temps, il y aura une nouvelle enseigne. C’est un très grand espace et ça trouve toujours preneurs », nuance Franck Martin, conseiller municipal en charge des Commerces (lire ci-dessous).

Du côté de la rue Penchienatti, à 200 mètres de l’ancien hôpital Saint-Roch, de nombreux locaux sont vides. « Ça fait 40 ans qu’on a une boulangerie, ça fait 6 à 7 ans qu’elle est fermée. Il y avait aussi un magasin de jouets… De Defly, c’est un endroit à mourir ! », selon Christophe, qui était là. depuis la fin des années 1980.

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Rue Defly justement, un vent de dynamisme souffle depuis quelques temps. Brasserie, boutique de vélos et trottinettes, café-librairie, brocante : le branché se mêle à l’engagement.

« Vraie identité culturelle »

Un des lieux qui fleurit : le café-bibliothèque Les Parleuses à l’empreinte féministe et engagée.

« Il y a une bonne communication entre les commerçants. Le dynamisme commercial de cette rue n’est pas lié au « premier besoin », il ne s’agit que de la valeur ajoutée dans nos vies. Il y a quelque chose d’assez élitiste – avec des livres, des vélos, de la bière locale – et c’est tout ce qui marche », développe-t-on du côté des Speakers. Il y a aussi une vraie identité culturelle, dans le prolongement du Mamac, de la bibliothèque. Par contre, ça aurait été vraiment bien si l’ancien hôpital serait un haut lieu culturel ».

Ce n’est pas la culture qui sera mise en valeur dans les murs de l’ancien hôpital, mais la sécurité. Le commissariat (lire ci-contre), qui devrait regrouper la police municipale, la police nationale et le centre de surveillance, devrait être achevé fin 2025.

« Aujourd’hui, c’est un quartier en devenir »

Questions à Franck Martin, Délégué Adjoint au Retail

Quelle vision avez-vous de ce quartier en termes commerciaux ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, de nombreux nouveaux magasins ouvrent. Un magasin de costumes sur mesure à Gioffredo, Jean de la Tomate sur Tonduti-de-L’Escarène qui marche très bien, etc.

Et s’il y a notamment les rues Defly, Delille, Penchienatti ?

Dans la rue Delille, les restaurants fonctionnent très bien, il y a beaucoup de dynamisme. La semi-piétonisation apporte beaucoup.

Hors restauration, les commerces de détail – malgré quelques exceptions – semblent souffrir…

Aujourd’hui, nous en sommes déjà à 200 déclarations d’aliénation pour loyer commercial dans la ville.

Et sur ce secteur en particulier ?

L’objectif peut sembler très grand, mais ce secteur fait partie de ces questions. Dans les rues Dévoluy, Pastorelli, Hôtel-des-Postes, il y a un grand dynamisme, une vraie vie. Et sur les sociétés de vente : aujourd’hui, ce sont les professionnels de l’alimentation qui travaillent.

L’hôpital a fermé en 2015. Sept ans plus tard, quel a été l’impact de sa fermeture ?

Entre 2015 et aujourd’hui, le commerce a considérablement évolué, notamment avec la consommation d’internet. Alors, l’entreprise a-t-elle survécu grâce au personnel hospitalier ? Je ne pense pas. Aujourd’hui, c’est un quartier en devenir : on va passer de l’ancien au nouveau grâce au futur commissariat qui va prendre en charge de nombreux flux, des gens qui vont consommer.

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Des policiers qui vont consommer alors que, selon vos doutes, ce n’était pas le cas des infirmiers : n’est-ce pas contradictoire ?

En 2015, c’était déjà une phase de transition. L’hôpital a été transféré et nous étions déjà dans un autre mode de vie hospitalier. Dans les années 1990 : il y avait du dynamisme. Mais le retour des officiers aura forcément un intérêt.

Une cantine sera-t-elle installée dans le futur commissariat ?

Rien n’a été arbitré. Il est possible que les syndicats demandent une cantine. Mais je ne crois pas vraiment à la création d’un domaine viticole. Cela a un coût.

Et l’hôtel des polices?

Les travaux du futur méga commissariat devraient démarrer en janvier 2022. Le président de la République, Emmanuel Macron, avait visité l’ancien hôpital.

Début novembre 2022, la ville de Nice a évoqué le réaménagement de l’ancien hôpital Saint-Roch en hôtel de police partagé. Cela devait commencer quelques jours plus tard. Depuis, les travaux n’ont pas encore commencé. Interrogée à ce sujet, la municipalité joue la carte de la prudence.

« Le contrat du futur commissariat est en cours de notification. La date exacte du début des travaux de nettoyage, de désamiantage et de démolition ne sera déterminée qu’une fois le contrat notifié », a indiqué jeudi la ville. dix.

L’opposition politique du maire de Nice, Christian Estrosi – Éric Ciotti ou les Verts – s’est élevée plus d’une fois au projet de ce chantier XXL. Son estimation est officiellement de 255 millions d’euros dont 79,6 versés par la commune.

Mais l’opposition écologiste a découvert que le budget, voté en mars, prévoyait l’autorisation du programme qui pourrait permettre à la municipalité de débourser jusqu’à « environ 108 millions pour ce projet ».

Du côté des commerçants implantés dans le secteur, c’est un attentisme. « Cela va époustoufler nos clients », a déclaré l’un d’eux. « Je doute que la police travaille dans les restaurants du quartier. Il y a peut-être une cantine à l’intérieur », spécule un autre. « C’est une nouveauté que beaucoup de professionnels attendent, donc ça ne peut que dynamiser des routes un peu languissantes », tranche un professionnel.

Pour rappel, 2 000 personnes travailleront dans ce futur méga commissariat.