L’ascenseur social en Bourse risque de s’effondrer

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En juillet 2021, le cercle suisse de l’innovation s’est réjoui en accrochant une nouvelle licorne à son tableau de chasse. En faisant ses premiers pas sur le Nasdaq (le secteur américain des valeurs technologiques), Sophia Genetics a démarré la base vaudoise pour un coût de seulement 1 milliard de dollars. Ce numéro lui a permis d’entrer dans le club des animaux légendaires.

Avec la baisse des marchés financiers depuis dix mois, le troupeau a fondu. D’autant plus que les valeurs technologiques ont été les plus touchées. Active dans la médecine dite de précision, l’entreprise vaudoise ne pèse plus que 150 millions de francs. Le nombre n’a pas nécessairement grand-chose à voir avec sa valeur réelle.

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Sophia Genetics n’est pas la seule à avoir vécu une telle descente aux enfers. Selon les estimations du Financial Times, les titres de trois entreprises sur quatre qui entrent en bourse entre 2019 et 2021 se négocient désormais en dessous de leur prix d’émission, ce qui en fait des cibles attractives. De nombreux fonds de capital-investissement se noient sous l’argent et flairent les bonnes affaires. Pour certaines entreprises qui ont besoin de liquidités, aller brouter de l’herbe moins exposée aux sautes d’humeur des investisseurs peut aussi s’avérer rentable.

Perte d’attractivité

Malgré deux ans d’euphorie boursière, ce phénomène n’est en réalité pas nouveau car depuis la crise financière de 2008, le nombre d’introductions en bourse a diminué, tandis que les radiations ont augmenté. Si Tesla ou le Swatch Group n’envisagent qu’un exode, de nombreuses entreprises se mobilisent en France, aux Etats-Unis ou en Suisse. Plus près de nous, le motoriste vaudois Bobst prépare activement son retour aux mains du privé.

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Personne ne se plaint de la stratégie d’entreprise car la tendance est parfaitement soutenable, implique un manque de responsabilité et offre la possibilité de poursuivre une vision à long terme. S’il est de longue durée, ce mouvement en revanche privera l’ensemble de la population de l’espoir de s’enrichir par le commerce ou de faire des investissements judicieux. Cette forme de finance « démocratique » a créé de grandes fortunes, à commencer par Warren Buffet. Incidemment, il contribue également au paiement de notre pension, en fournissant des revenus à la caisse de retraite.

A juste titre parfois, la Bourse traîne une réputation sulfureuse. Certains ne seront donc pas émus par ce phénomène. Ils doivent encore s’inquiéter d’autres effets : ramenée au secteur privé, l’entreprise n’a aucune obligation d’informer. Il est donc impossible de savoir quelle est leur situation financière mais surtout, à plus grande échelle, de connaître l’état réel de santé économique.