Marché automobile : en crise, les ventes de voitures neuves ont chuté d’un demi-million depuis 2019 en France

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Written By MilleniumRc

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Une réduction de plus d’un tiers par rapport à 2019, soit perdu 500 000 voitures. Les ventes de véhicules neufs ne se sont pas remises de la pandémie de Covid-19 et de ses dommages collatéraux sur l’industrie, la logistique, l’inflation et l’énergie. Le marché est en baisse et les repreneurs, quand ils n’ont pas reporté sine die leur projet d’achat, ne savent plus quelle direction prendre, quelle motorisation choisir. En ce week-end de portes ouvertes dans les concessions, alors que le Mondial de Paris, lui-même retranché par de nombreux constructeurs, démarre ce lundi, tour d’horizon d’une situation dont l’issue ne semble pas avoir été esquissée.

La petite phrase circule parmi les vendeurs de voitures, ironique, douce-amère  : « Nous étions pêcheurs dans un banc de sardines. Aujourd’hui, nous sommes pêcheurs de truites ! », et le risque de revenir bredouille a énormément augmenté.

Sommaire

1 – Les pires chiffres depuis 1975

En effet, depuis 2020, vendre une voiture neuve n’a pas été chose aisée, avec ce marché violemment frappé par une série de crises, qui se croisent avec une mutation majeure du secteur : le plan pour donner le meilleur au moteur thermique.

Elle devrait vendre cette année en France moins d’un million et demi de voitures particulières, pour la première fois depuis le premier choc pétrolier, 1975. Et si le marché se redresse en août et septembre, s’améliorant de 5,46 % par rapport au même mois de 2021, cette hausse est fausse après quatorze mois continus de baisse.

Marché (VP) ? ?? | En septembre le marché, affichant +5,4% a/2021, est encore très en deçà du niveau d’avant crise, dans la nuit et ↘️ de -18,6% a/2019. Sur les 9 premiers mois : ↘️ -32% a/2019. https://t.co/8pLN8Mwktk

« Après un premier semestre 2020 où nous n’avons quasiment rien fait, se souvient François Roudier, le porte-parole de la Plateforme Automobile qui regroupe constructeurs et équipementiers, nous avons vu le marché reprendre un peu et s’essouffler progressivement. C’est un troisième de moins qu’en 2019. » Précisément, les immatriculations en France ont augmenté de 32 % en trois ans, dans un contexte européen largement similaire. Sur la même période, ce marché a reculé de 26 % selon l’ACEA, l’Association des constructeurs européens d’automobiles.

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2 – Des voitures dont les prix s’envolent

« Cela n’empêche en rien un groupe comme Stellantis de faire le plus gros profit jamais réalisé », a déclaré Yves Carra, un expert de l’Automobile club.

Le porte-parole de cette organisation vieille comme l’automobile, fondée en 1900, qui revendique un million d’adhérents, livre un discours volontairement tronqué : « Les constructeurs ne savent plus quoi fabriquer, les vendeurs quoi vendre et les clients quoi faire. Achète-le! »

Les crises successives, Covid-19, les pénuries de composants électroniques, les coûts énergétiques, l’inflation, ainsi que l’évolution de l’industrie automobile vers l’électrification, ont déstabilisé les choses. Pour faire simple  : lorsque la production a recommencé, après le confinement, les constructeurs se sont retrouvés sans puces, « environ 500 par véhicule en ce moment, souligne François Roudier. Ce problème dure, seulement en 2023 il devrait s’atténuer. » Sans ces semi-conducteurs, les délais de livraison ont explosé et les constructeurs « ont préféré les modèles à forte marge, par rapport aux modèles d’entrée de gamme. Ceux-ci sont quasi inexistants dans les ventes, le prix moyen a augmenté », analyse la voix de PFA, dans un « effrayant ». » façon, juge Yves Carra.

3 – Les acheteurs en neuf sont perdus

Mais il semble que ce qui était circonstanciel demeure. « L’électrification et l’hybridation des petits véhicules entraînent une augmentation de 30 à 40 % de leur prix. François Roudier l’avoue, « cela pose un vrai problème de société », rend l’achat d’une voiture neuve inaccessible à encore plus de clients et renchérit les prix de l’occasion…

« Les gens sont complètement perdus, il y a trop d’incertitudes, soupire le représentant général des 40 millions d’automobilistes, Pierre Chasseray. Ils ne savent pas quoi acheter », d’où un attentisme -voir qui aussi pèse sur les ventes, estime-t-il.

Electrique, hybride, hybride rechargeable, essence  : le choix n’est pas simple, compliqué par l’actualité inconnue sur le prix de l’électricité, les baisses de la prime à la conversion, la question de la recharge des batteries  : « A Sète, je connais un peu, précise le Héraultais, un habitant sur cinq a en effet accès à une prise électrique, pas de parking, pas de prise, pas de prise, pas de voiture électrique. L’équation se complique encore lorsque des zones à faibles émissions sont instaurées, avec des limites temporelles. « Des bombes à retardement sociales « , dément Yves Carra.

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4 – La filière encaisse les coups

Pendant ce temps, le parc automobile vieillit, l’âge moyen tourne autour de 11 ans, pas bon pour la planète.

De l’amont à l’aval, du constructeur aux distributeurs, cet effondrement et ce changement ne sont pas sans effets. Côté industriel, « l’emploi se maintient plutôt bien, note François Roudier, y compris l’intérim. fabrication de moteurs et de batteries ou non. »

Changement d’échelle

Dans les concessions, « si nous traversons une période difficile, répond Jean-Louis Besnard, député héraultais de Mobilians, il n’y a pas eu d’hémorragie côté boulot : nos halles ne sont pas vides de clients. » Le syndicat avait mené une enquête auprès de ses adhérents en mai, en mai, 43% des vendeurs envisageaient de réduire leurs effectifs. La situation est fragile.

Ce n’est plus le grand rendez-vous à la gloire de l’automobile, les temps sont révolus pour cela. Tous les salons ont infléchi l’ambiance, le Mondial de Paris fait de même. Achevé le million de visiteurs de 2018, le salon s’étale sur treize jours, le salon qui démarre ce lundi avec la journée réservée à la presse doit, avant l’ouverture au public mardi matin, compter aussi sur l’absence des grands constructeurs. Les allemands BMW, Volkswagen, Audi et Mercedes ont échoué, le n°1 mondial Toyota aussi, comme l’américain Ford et même le groupe Stellantis est partiellement dans l’impasse, Opel et Alfa Romeo ne déménagent pas dans les couloirs de la porte de Versailles. Des marques que l’on retrouvera en revanche au salon de l’écomobilité et de l’utilitaire auto/moto à Montpellier, du 25 au 27 novembre, organisé par L’Agence et Midi Libre au parc des expositions.