Petites embarcations : 6 canoës pour 3 programmes

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18 pieds, 5,50 m est la taille du Corsair, Marauder et Micros ; c’est le plus petit espace de vie possible, léger et ultra-portable, bref c’est la base ! Alors quand l’opportunité s’est présentée de monter une petite flottille dans le Golfe du Morbihan, nous n’avons pas raté l’occasion. Osez, les petits !

PAS DE SURPRISE, les plus rapides sont les premiers non pas au bistrot, mais sur la plage. Bons joueurs, les équipages du Stir Ven 22 et du Bihan 5.80 débarquent et empoignent les étraves des navires suivants, qui atterrissent derrière eux, le nez sur les sables de Govihan. Heureusement, nous avons toute la place qu’il faut sur cette petite plage paradisiaque du Golfe du Morbihan, normalement bondée. Surtout le 15 août !

Le gris du matin qui donne la chair de poule à notre photographe a aussi ses avantages. Astus 20, Flow 19, Gazelle et peu après Skellig 5.1 se sont échoués. Ce sont de petits bateaux, voyagez au plus près de la côte et des îles, pas de soucis ! Pourtant, l’inventaire de notre flottille est vertigineux. Soyons clairs, concernant l’organisation de cette journée, qui était plus un joyeux rendez-vous qu’une épreuve comparative, nous n’avons pas eu le cœur à refuser.

Quitte à naviguer côte à côte entre bateaux de 5,50 m, voire quelques décimètres de plus, pas question de privilégier programmes ou équipements… D’où cet échantillon allant du day boat chic à l’ancienne au croiseur plutôt pointu , avec une grand-voile carrée et un gennaker attachés au bout-dehors télescopique.

DIVERSITE DES PROGRAMMES

Et c’est de la chance. Une occasion parfaite pour une compréhension précise de la variété des programmes et des solutions proposées. Côté programmation, en gros, trois questions permettent de calibrer les ambitions de nos petits navires. Peut-on dormir à bord ? Sinon, c’est un pur bateau de jour, donc un bateau pour les balades à la journée.

Pouvons-nous nous préparer un dîner chaud, une soupe, un café ? Si vous ne pouvez pas, c’est au mieux un week-end, c’est-à-dire un bateau où l’on peut faire la sieste, voire passer une nuit ou deux pour les plus rustiques. La vie à bord peut-elle être suffisamment organisée pour une petite semaine à deux, trois ou quatre ? Si oui, vous êtes sur le bon petit croiseur ! Seuls trois de nos petits bateaux peuvent remporter ce titre : Flow 19 d’Atelier Interface, Skellig 5.1 du chantier Plasmor, récemment repris par plusieurs entrepreneurs très motivés, et enfin Astus 20.5.

Et pour un même programme, ils proposent trois philosophies complètement différentes. Flow vient de l’Aloès 18, un pur day boat, mais aussi un vrai petit traîneau planant et joueur. Ses références se situent entre un Corsair et un mini, et son architecte constructeur, Antoine Mainfray, a une culture racing et offshore. Le Skellig, avec son équipement houari, ressemble plus à des pirogues traditionnelles, mais les réinterprète avec des matériaux d’aujourd’hui, même s’ils ne s’affolent pas sur la vitesse.

Il navigue comme un père confortable, mais offre un confort surprenant en croisière, en gardant ce côté nostalgique, je crois, très beau ! L’Astus 20.5, enfin, explore une autre dimension en étant trimaran, pour la performance et le confort sur l’eau, et encore plus repliable pour un amarrage et un transport facilités.

LA RENAISSANCE DES HOUARIS

Les bateaux de trois jours sont structurellement un peu plus homogènes. Tous les trois comportent spécifiquement des équipements Houari, et devrions-nous être surpris ? Ce type d’équipement, presque oublié il y a quelques années, revient en force. Désormais fabriqué à partir de joncs légers en aluminium ou en carbone, il permet d’avoir un mât court beaucoup plus facile à manœuvrer sur la cale de halage et qui montre sa solidité sur l’eau.

D’ailleurs qu’est-ce qu’une grand-voile à corne sinon une sorte de gréement Houari inachevé dont le bout serait trop court ? Blague à part, chercher de la puissance dans le haut d’une voile marconi, c’est comme inverser le chemin pris d’une gaffe à un gréement marconi… En tout cas, ces gréements houari fièrement haut de gamme – nous parlons les houaris militaires donc – font leur grand retour et c’est un réel plaisir de les voir se développer côte à côte entre les îles et les galets du Golfe.

A voir fleurir les sourires dans le cockpit, le bonheur est aussi à la barre et à l’écoute. Les deux interagissent en permanence, et si le bateau est bien réglé, n’espérez pas descendre ne serait-ce qu’une quinzaine de degrés sans renoncer à quelques décimètres d’écoute. Il n’y a pas de meilleure école pour un équipier en formation : les sensations sont immédiates, agréables et riches en enseignements. Avec en prime l’initiation sur ce garrot réputé supérieur permettant, si nécessaire, l’évacuation de la puissance si la brise rentre trop fort.

En effet, certains de nos petits canoës peuvent être amenés à rogner très tôt faute d’équipage sur les ondoyants, comme le fougueux Stir Vena 22, et plus surprenant le Flow 19 dont l’équipage veut modérer la gîte avec 15-17 nœuds de vent. Ils vont renvoyer la toile : c’était juste un effet côtelé. Ce n’est pas le cas sur le Bihan 5.80 dont la coque trapue offre beaucoup plus de puissance.

Peinant un peu dans le petit air matinal face au Stir Ven, il fait parler la poudreuse par rafales croissantes puis gonfle au portant sous gennaker, une configuration qui ravit son équipage.

Ce plaisir simple, cette joie de naviguer sans se prendre la tête, c’est ce qui unit nos six canoës au-delà de leurs différences techniques et nautiques. Et leurs programmes, des petites croisières aux simples excursions, avec toutes les nuances du camping côtier.

SOUVENT, les acheteurs de dayboats ne veulent pas s’empêcher de pousser l’aventure un peu plus loin… alors ils ont quelques couchettes ou de la place pour les gréer, même si l’expérience prouve qu’ils ne les utiliseront jamais. Notre conseil serait plutôt de prendre l’entière responsabilité du côté day boat, se contenter d’une zone sèche sur la proue pour le refroidisseur et les chemises d’huile.

Cela ne vous empêche pas de jouer avec une tente en toile sur un support et des matelas pneumatiques dans ces cockpits, dont la plupart sont longs et accueillants, si vous le souhaitez. Le reste est une question de style, car il existe essentiellement deux catégories de bateaux de jour. D’un côté, des gréements auriques, qui affichent honnêtement leur attachement aux valeurs traditionnelles comme le Stir Ven et, dans une moindre mesure, la Gazelle, ou pour les combiner avec un côté plus sportif comme le Bihan 5.80.

En revanche, des dayboats plus sportifs, équipés de Marconi et clairement dérivés des bateaux de sport à quille des années 90 et 2000, d’autres Mach 6.50, comme le Speed ​​​​​​​​​​​​Feet 18, et ceux légèrement plus sages des valeurs, comme First 18 Mais en tout cas la fête est au rendez-vous !

Stip Ven 22

UN SACRÉ CARACTERE !

Il a un beau look et un grand caractère avec cette énorme voile, sa proue de canoë, ses côtés à clinker et son pont sans bouée de sauvetage. Mais ne vous y trompez pas, le Stir Ven 22 est un faux classique dessiné par François Vivier à l’aube des années 2000 et construit par le chantier Grand Largue en contreplaqué époxy.

Pourtant, le plaisir de naviguer sur un bateau, sur lequel seules quelques poulies nous rappellent que nous sommes sur une construction moderne, est complet. Une illusion esthétique et maniable parfaitement entretenue du gréement traditionnel Houari avec cette immense vergue très pointue qui donne toute sa puissance à ce dériveur lesté tout en réduisant la hauteur de mât.

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Une solution pratique pour le transport et le mât de la plus grosse unité de notre comparatif, qui reste la largeur de la route. Attention par contre à cette immense grand-voile très puissante qui demande une parfaite entente entre le barreur et le régleur. Le Stir Ven 22 devient vite fougueux et l’équipage doit constamment régler la grand-voile selon les directives du barreur. La communication est encore plus importante quand elle est trop tendue, ça s’arrête net !

Il faut donc un peu d’adresse pour apprivoiser ce très beau day boat. Pour les équipiers désœuvrés, il ne reste plus qu’à profiter de cet immense cockpit avec trois grands coffres dans le fond (attention, le cockpit ne se vide pas et le cache ancre est nécessaire) et peut-être aider à manœuvrer à l’approche de la plage en relevant le plaque centrale lestée pivotante avec quelques tours de treuil juste avant que le parapente n’atterrisse sur la plage.

un long moment. couler. : 5,80 m.Largeur : 2,20 m. Tirant d’eau : 0,25-1,14 m. Déplacement : 800 kg. Lestage : 180 kg. SV au vent : 24 m2. Grand-voile : 19 m2. Superficie : 5 m2. Architecte : François Vivier. Matériau : CP-époxy. Fabricant : Grand Largue. Prix ​​: 50 270 €.

Gazelle

LE GOLFE LUI VA SI BIEN

Ce n’est évidemment pas un hasard si la Gazelle est omniprésente dans le Golfe du Morbihan. C’est bien de Guépard, l’emblématique appartement en V encore en construction sur l’île aux Moines (voir par ailleurs) qu’il se débat depuis plus de dix ans, d’où son nom.

Au moment de la conception, en 2011, le raisonnement était le suivant : Le Cheetah est un excellent bateau pour le Golfe, mais il est cher et compliqué à entretenir, du fait de sa construction traditionnelle en bois.

ELLE TAQUINE LE GUEPARD

Pourquoi ne pas proposer une plaque polyester ? Dit, fait. La

La Gazelle, construite à l’origine par assemblage de panneaux sandwich, est désormais construite par infusion et redonne 140kg au Cheetah qui aura donc du mal à le rattraper au portant. Par ailleurs, il reste très proche du modèle d’origine en termes de forme de coque et d’équipement. Le chantier est également très attaché à la plateforme Houari, tant pour ses avantages pratiques sur la remorque et en stockage, que pour son charme et sa solidité.

Cela reste tout de même très simple, la principale différence avec le marconi se situe au niveau du double foc, grand-voile et hunier. On envoie les deux ensemble, et quand on est en tête, on peut jouer sur la tension du hunier pour justement « pointer » plus ou moins et donc moduler la puissance de la grand-voile. Ce dernier a naturellement une bonne réserve de puissance dans le haut, donc on joue en écoutant les sensations dans le beat.

Si vous tirez trop sur la tige, il faut choquer, et si elle est molle, au contraire, tirez un peu. En fait, comme sur tous les bateaux, mais il est encore plus sensible sur les gréements auriques. Sinon, le plan de pont est très simple : le dôme de grand-voile et son taquet de ris sur le banc de cockpit, à l’arrière du panneau de planche, une bride de grand-voile réglable pour permettre l’enroulement de la grand-voile, deux poulies de foc et leurs coinceurs, pas de spi. Côté rangements, deux coffres abrités par le pont avant offrent tout le volume dont vous avez besoin. Quoi d’autre ?

Sur l’eau, la Gazela a montré sa vivacité au milieu, y compris face à des concurrents théoriquement plus ambitieux ! Super bateau de jour, simple et

BIHAN 580

UN SPORTBOAT AURIQUE !

disponibles comme on les aime. Et si vous insistez pour une cabine, il existe une version Cruiser et 80 Gazelles ont été construites depuis le lancement de la série en 2011.

un long moment. couler. : 5,50 m.Largeur : 2,06 m. TE : 0,20-1,10 m. Course : 400 kg. Lestage : 52 kg. SV au vent : 20 m2. Grand-voile : 14 m2. Superficie : 6 m2. Cambre. : Composite Riguidel/Marine. Mât. : le sable. verre/feutre. Const. : Composite marin. Prix ​​: 23 160 €.

Si l’équipement houari reste clairement la marque de fabrique du chantier Marine Composite, ce n’est pas à cause de son côté vintage, mais à cause de ses qualités pratiques. Un mât court (6,80 m) pesant moins de 7 kg, que demander de plus à une remorque ? Mais ne négligeons pas sa puissance, la voile raide ressemble finalement à une grand-voile super carrée… La carène épouse des formes tout aussi puissantes, tant à l’arrière (2,20 m de large) qu’au tiers avant avec cette étrave potelée de son époque.

Le lest est également au rendez-vous (172kg dans la voile à bulbe et quille pendulaire) et si cela ne vous suffit pas, les sangles de cockpit sont faites pour être utilisées, tout comme vos abdos ! Egalement résolument sportif, un grand gennaker sur une étrave télescopique qui s’étouffe et s’enfonce dans sa baie comme un catamaran de sport. Le jour de notre essai, un vent timide ne nous a pas permis de tirer le meilleur parti du Bihan 5.80, qui a failli lutter contre des poids plumes comme la Gazelle.

Mais ne vous y trompez pas : dès que la brise souffle, Bihan fait parler les chevaux, vole et atteint rapidement des vitesses à deux chiffres. Force est de constater qu’il s’agit d’un quillard de sport, dans l’esprit et la performance, visiblement renforcé par l’expertise de Finot/Conq dans ce domaine.

Produit en sept exemplaires la première année, il s’inscrit dans la lignée de son grand frère le Bihan 6.50 (37 exemplaires en sept ans). Outre la différence de taille, qui n’est pas grande entre les deux bateaux, il faut noter que le 5.80 a été conçu dès le départ pour la production d’infusion – ce qui n’était pas le cas du 6.50 – et que sa coque en sandwich a un noyau de feutre (Soric) et non mousse PVC : cela justifie la grande différence de prix.

Les micro-croiseurs

Côté programme, les deux modèles montrent aussi leurs différences puisque le 6.50 peut être dormi dedans, tandis que la cabine du 5.80 n’est qu’un rangement au sec, certes spacieux (2,65 m de long, 1,07 m de haut), mais inhabitable. Plus abordable et démocratique, le Bihan 5.80 marche dans ses pas avec l’immense mérite de remettre au goût du jour ce type d’engin dit traditionnel.

un long moment. couler. : 5,80 m.Largeur : 2,20 m. Tirant d’eau : 0,20-1,50 m. Déplacement : 560 kg. Lestage : 172 kg. SV au vent : 21 m2. Grand-voile : 14 m2. Superficie : 7 m2. Architectes : Finot/Conq. Matière : sable. verre/feutre. Fabricant : Marine Composite. Prix ​​: 35 000 €.

IL EST DIFFICILE DE PARLER de micro croiseurs sans évoquer le Corsair. Comme le Vaurien avant lui, également selon le plan de Jean-Jacques Herbulot, comme le Muscadet de Philippe Harlé après lui, le Corsair a montré la voie et prouvé qu’il est possible de naviguer en petite embarcation dans des conditions de confort décentes. Et il est toujours en construction ! Aujourd’hui, l’augmentation de la taille des croiseurs et des critères de confort qui y sont associés veut rapprocher ce cabotage de la forme du camping côtier.

Mais nous avons deux (au moins) couchettes pour adultes, une kitchenette assez grande pour cuisiner un repas chaud, et un carré bien couvert sous le rouf « dur » à partager en bonne compagnie. Ajoutez à cela un WC, même chimique, des rangements suffisants pour une petite semaine de croisière, un coffre pour le cockpit, un coffre pour une vraie ancre, et le tour est joué ! La manifestation du Corsair est plus évidente dans un Flow 19 ou un Sailart 18 que dans un trimaran repliable comme l’Astus.

Mais les ambitions de croisière sont les mêmes, et il existe une vraie tradition de petite croisière chez les multicoques, dont on retrouve les origines dans des bateaux comme le Tiki 21 de feu James Warrham. Fait intéressant, les petites croisières ou le camping côtier, des Maldives à Twist en passant par Bicoq au début des années 2000, ont disparu du paysage.

FLOW 19

PETITE BOMBE DE CROISIERE

Mais les trimarans pliables, plus faciles à placer au port, sur une remorque ou dans le jardin, persistent et marquent leur empreinte grâce au dynamisme de chantiers comme Astus et Tricat. Et ça tombe bien car ces trimarans survitaminés ajoutent un côté vraiment ludique, tout en élargissant les possibilités de navigation grâce à leur vitesse.

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Il a parcouru un long chemin. Le Skellig 5.1, au visage charmeur, a bien failli disparaître du paysage nautique avec le naufrage du chantier Plasmor en 2019. C’était sans compter le rachat de la marque par Thomas et Marie-Aurore Neveux – c’est un ancien salarié du chantier – convaincu que Plasmor ne pouvait pas disparaître du monde comme ça le kayak et le yachting.

La comparaison avec Corsair est redondante – nous avons même fait la comparaison en 2019 – mais c’est tellement vrai. Le Flow a définitivement l’esprit Corsair d’antan avec une construction en contreplaqué époxy (et quelques touches de fibre naturelle de bambou infusée de résine bio-sourcée), des performances respectables, une réelle habitabilité pour les campeurs côtiers et un charme indéniable. .

IL N’A PAS PEUR DU LARGE

Mais son esprit a été modernisé avec une carène planante dont la stabilité de forme ne nécessite plus de descente au portant comme sur son aîné. Et pourtant, avec 6,50 m2 de toile en plus, le Flow 19 dispose d’un plan de voilure plus puissant qui s’équilibre en navigation avec une dérive lestée de 70 kg, qui s’appuie en cas de besoin sur deux ballasts de 60 l.

C’est pourtant une option qui n’est pas montée sur le modèle de notre comparatif, qui, du coup, a dû prendre le ris assez tôt, ce qui empêchait la possibilité de naviguer plus loin de la côte et dans la brise.

C’est dommage car le Flow 19 a vraiment des options. La dérive tournante disparaît complètement dans la coque à l’approche du rivage, facilitant ainsi le transport sur remorque et l’atterrissage à terre. Toutes ces caractéristiques rendent le Flow 19 très polyvalent : si sa stabilité et son grand cockpit séduiront le bon père de famille, sa vivacité excitera le marin qui veut naviguer plus loin des côtes et dans la brise, même le compétiteur du dimanche !

SKELLIG 5.1

LA BALADE DES GENS HEUREUX

Évidemment par vent faible cette carène large collera un peu plus à la masse d’eau, rendant la présence d’asymétrie indispensable. On retiendra surtout le pilotage très fin du safran avec ces deux safrans escamotables accrochés au tableau arrière qui, avec leur belle grand-voile à corne, donnent un petit air de course au large. Un look qui ne passe pas inaperçu, mais qui ne devrait pas effrayer le néophyte. A bord du Flow 19, la navigation est intuitive et parfaitement adaptée aux débutants grâce au plan de pont simple, au cockpit large et sécurisant, ainsi qu’aux passages menant au pont avant et à la petite baille à mouillage.

UNE HISTOIRE QUI SE RELANCE

Antoine Mainfray, qui signait jusqu’à présent à la fois la conception et la construction du Flow 19, méritait pleinement le prix du Voilier Portable de l’Année. La qualité de la finition n’a pas faibli depuis l’introduction du premier modèle en 2019 et des détails très pratiques pour la croisière comme la petite plateforme de bain proposée en option.

Il vient de loin. Le Skellig 5.1, au visage charmeur, a bien failli disparaître du paysage nautique avec le naufrage du chantier Plasmor en 2019. C’était sans compter le rachat de la marque par Thomas et Marie-Aurore Neveux – c’est un ancien salarié du chantier – convaincu que Plasmor ne pouvait pas disparaître du monde comme ça le kayak et le yachting.

Le résultat leur donne raison puisqu’ils produisent désormais une cinquantaine de kayaks et une dizaine de Skellig par an en Ille-et-Vilaine, avec un carnet de commandes bien rempli pour les six prochains mois. Il faut avouer qu’ils n’ont pas de concurrence directe en Europe, ni pour leurs kayaks ni pour les Skellig, bateaux robustes, atypiques et polyvalents. Avec son grand cockpit auto-lanceur bien protégé par de hauts coings et un rouf imposant contenant trois couchettes et une cuisine, le Skellig 5.1 est idéal pour des balades nautiques apaisantes à allure sénatoriale mais avec style. Un design néo-classique inspiré des catboats américains de la baie de Chesapeake, caractérisé par ce gréement houari, cette cambrure légèrement relevée et ce rouf proéminent très avancé.

Cependant, le mât arrière permet l’emport d’un grand foc, voire d’un gennaker gréé sur bout-dehors en bois. Voiles d’avant nécessaires pour améliorer la navigation de cette dérive assez lourde, qui peine un peu dans la petite brise qui nous accompagne sur cet essai. Mais la performance à la voile n’est pas le but recherché par les propriétaires du Skellig 5.1, mais plutôt séduits par la stabilité de la forme et l’accessibilité de ce petit croiseur.

L’équipement est réduit à sa plus simple expression, mais les choses importantes sont à leur place et nous portons des voiles ciseaux dans le golfe pour profiter au maximum du vent et pour que la flottille ne soit pas trop loin derrière nous dans notre comparaison. A la barre, nous perfectionnons le parcours sans grande difficulté afin de maintenir le rythme. Le renversement et les lattes se connectent sans aucun problème. Attention toutefois à la contre-latte qui se coince parfois sur la partie avant du mât. L’ambiance à bord est très calme, une sorte de temps suspendu.

On discute, on observe les îles du Golfe, on n’est pas pressé et c’est sans doute ce qui séduit tant les propriétaires de Skellig : prendre du recul et profiter de la navigation sans stress. A l’approche de la plage, l’ambiance est légèrement différente. Des attaches pivotantes et rétractables permettent de descendre à la plage sans précautions particulières. Côté équipement, tout est pensé pour la croisière : grands coffres dans le cockpit, place pour un moteur hors-bord et une nourrice.

ASTUS 20.5

LA VOILE LEGERE POUR TOUS

N’oublions pas, enfin, l’un des avantages de Skellig 5.1 : sa rapidité de mise en œuvre puisqu’il peut être mis en place en quelques minutes.

UNE VRAIE BAILLE A MOUILLAGE

un long moment. : 5,95 m.Largeur : 2,50 m. Tirant d’eau : 0,20-1,30 m. Déplacement : 700 kg. Lestage : 60 kg. SV au près : 23 m2. Genaker : 16 m2. Architectes : C. Baley/Plasmor/Y. Wileveau. Matière : sandwich verre/PVC. Fabricant : Plasmor. Prix ​​: 42 150 €.

Trois coques, des étraves inversées, une belle grand-voile à corne, un beaupré long et la fameuse signature VPLP sur le tableau arrière suscitent forcément l’envie des marins admirateurs d’Ultimes, de Multi 50 et de karts à longue portée. ! C’est bien là son point fort, mais l’Astus 20.5 est plus polyvalent que ça.

C’est un véritable micro-croiseur : le sanctuaire concis du cockpit, le petit mouillage dans son coffre et le coffre étanche permettent de penser à voyager en croisière en mode camping côtier tout en passant la nuit à terre ou au mouillage. selon la disposition des pièces. Seul multicoque de notre groupe, l’Astus 20.5 démarre très bien notre navigation programmée autour de l’île d’Arz en faisant le tour de la flottille.

L’histoire va changer dans l’après-midi lorsque l’équipage, suite à un mauvais contact avec le vent, attrape une marche arrière sous les dents… Il devra alors jouer avec les contre-courants afin de rassembler à nouveau la flottille ! Au près, ce n’est clairement pas sa meilleure vitesse, même si, avec un panneau central légèrement déplacé vers bâbord, il descend à 1,25 m, et avec une bonne gestion du trim, il s’en sort honorablement.

Mais pour que l’Astus 20.5 fonctionne dans le petit temps, il faut être très prudent lors du réglage des voiles et de leur mise en place sur le bateau, encore plus sur le plan d’eau capricieux du golfe avec ses vents erratiques.

Attention au chargement : il vaut mieux naviguer léger. Et si la performance est importante pour vous, mieux vaut opter pour l’option infusion, avec un vrai bonus de 2 000 € en plus… L’avantage de ce trimaran léger, c’est qu’il repart aussi vite qu’il peut. il s’est arrêté à la Mecque : une vraie mobylette !