Route du Rhum 2022. Interview de Conrad Colman : « Le respect de l’environnement est au coeur de mon projet IMOCA »

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Conrad Colman, absent du dernier Vendée Globe faute de financement, revient sur la Route du Rhum à la barre de l’ex-V&B Mayenne de Maxime Sorel et avec un tout nouveau projet. Il nous en dit plus !

Voile Magazine : Ton nouvel IMOCA a un sacré passif, semble-t-il…

Conrad Colman : Effectivement, c’est un IMOCA dérivant avec beaucoup de potentiel qui a fait ses preuves en haute mer. Quand j’ai appris que le bateau de Maxime Sorel était sur le marché, j’ai sauté sur l’occasion. En mars, j’ai pu l’acheter pour 850 000 € en débloquant des capitaux et de l’argent auprès de plusieurs mécènes néo-zélandais intéressés par mon projet Imagine.

Après plusieurs années d’absence du circuit IMOCA, il était indispensable de remettre le pied à l’étrier, d’autant plus que j’ai le Vendée Globe 2024 en ligne de mire… Maintenant j’ai un gros travail d’optimisation car le bateau est laissé dans son son jus après avoir passé entre les mains de nombreux mécènes et connu bon nombre de mésaventures. Une baleine pour Kito de Pavant en 2012 puis une avarie majeure avec Thomas Ruyant lors de l’édition 2016. Il a tout de même failli couler dans l’océan Indien après une violente collision avec un Ofni.

Voile Magazine : Quelle est ton ambition sur cette Route du Rhum face à tous ces foilers ultra modernes ?

Conrad Colman : Je vais participer à la compétition, cela ne fait aucun doute. Avec 37 IMOCA sur la ligne de départ, la bagarre sera de taille. Au sein de cette flotte hétéroclite, plusieurs courses vont coexister. D’un côté les foilers, qui sont encore 8 nœuds plus rapides que nous dans certaines conditions, de l’autre les bateaux à dérive. Mes principaux concurrents seront Louis Duc, Eric Bellion, Guirec Soudée et Benjamin Ferré, même si sur le papier leurs IMOCA semblent mieux fonctionner.

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Il avait participé à la Route du Rhum 2010 en Class40 et en gardait un très bon souvenir. Cette année j’arrive avec plus de maturité mais toujours avec des étoiles plein les yeux. Cette course continue d’être une excellente occasion pour un anglophone de faire parler le public anglais de cet événement. Et surtout pour inspirer d’autres Néo-Zélandais à se lancer dans la course au large en solitaire, et pas forcément avec un gros budget…

Voile Magazine : Quels sont les travaux que tu envisages de lancer après la Route du Rhum ?

Conrad Colman : Avec quatre Vendée Globes dans le sillage et beaucoup de dégâts, ce bateau a passé plus de temps en chantier à recaler qu’à faire évoluer. Et même si la carène a du potentiel, j’ai remarqué que le près n’était pas le point fort de mon IMOCA. Nous allons donc changer la position des masselottes longitudinalement pour gagner en puissance et travailler nos futures voiles pour les adapter au nouvel équilibre du bateau. Il y a aussi tout un pan de travail qui va consister à limiter mon empreinte carbone. Aussi, pour aller encore plus loin dans la préparation de mon bateau d’ici au Vendée Globe 2024, je suis toujours à la recherche de financements…

Voile Magazine : Vises-tu de nouveau une navigation sans énergie fossile comme lors de ton Vendée Globe 2016 ?

Conrad Colman : C’est le « fil vert » de mon projet Imagine et je compte aller plus loin qu’en 2016. Pour commencer, cet hiver le moteur thermique sera remplacé par une Ocean Volt électrique. Je ne sélectionne donc que des prestataires proposant des solutions alternatives. Par exemple, pour mes voiles, je suis en contact avec le fabricant de voiles One Sail qui propose des membranes recyclables. Les fibres et les éléments structuraux ne font plus qu’un. Du coup, il n’y a plus de délaminage possible et surtout, en fin de vie du produit, il est possible de tout découper puis de remodeler l’ensemble pour en faire une nouvelle voile. Toutes mes cordes fabriquées par Marlow sont fabriquées avec de la résine biosourcée pour le noyau et du PET pour la gaine. Enfin, mes vêtements de mer, conçus par Gill, seront fabriqués à partir de fibres recyclées. Bref, de mes chaussettes à mes voiles, tout à bord est conçu dans le respect de l’environnement…

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Et enfin, des interviews de mécènes impliqués dans la prochaine Route du Rhum, c’est ici :

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