Sans-abri : Paris, Lyon, Bordeaux… Les mairies de gauche sont…

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Enfin, ils n’attaqueront pas immédiatement l’État. Le 5 décembre, la maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a annoncé que sa ville poursuivrait l’Etat pour son « échec » à abriter les personnes à la rue, lançant un appel national aux « élus » et aux « associations » pour leur action. . Le 8 décembre, les villes de Paris, Lyon, Bordeaux et Marseille, toutes dominées par la gauche, ont indiqué qu’elles envisageaient de rejoindre l’initiative. Mais, le 14 décembre, à l’issue d’une réunion qui réunissait ces villes mais aussi d’autres, comme Rennes, Nantes et Grenoble, les élus ont décidé d’attendre pour porter plainte le temps de prendre des mesures d’urgence pour mettre les gens à l’abri.

« Nous étudions la possibilité d’attaquer l’Etat avec d’autres villes, mais l’urgence est d’héberger les gens », résume Ian Brossat, adjoint au maire de Paris chargé du logement. « Il faut plus évaluer les choses car non seulement il faut pouvoir démontrer la faute de l’Etat, mais il faut aussi pouvoir détailler le préjudice, ce qui est juridiquement complexe », confirme Sandrine Runel, adjointe aux Solidarités de la Ville de Lyon.

En tout cas, la démarche n’était pas partagée par les principales associations spécialisées en la matière. « Nous n’allons pas adhérer à un recours, car nous ne pourrons résoudre le problème que par une politique partagée entre l’Etat, les associations et les communes », réagit Nathalie Latour, directrice de la Fédération des acteurs solidaires.

Une compétence de l’État

Selon le Code de l’action sociale et des familles, « toute personne sans domicile en situation de souffrance médicale, psychologique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence ». Comme l’a rappelé le Conseil d’Etat en 2016, c’est à l’Etat d’assurer cette compétence, même si le département est susceptible d’intervenir vis-à-vis des mineurs ou des femmes enceintes et mères isolées avec enfants de moins de 3 ans. Les communes ne sont pas compétentes, mais peuvent être sollicitées pour identifier et mettre à disposition des équipements. Dans ce cas, c’est l’Etat qui assume la charge financière de l’ouverture et de l’entretien de ces sites.

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Pourtant, explique Sandrine Runel, « nous alertons tous l’Etat depuis plusieurs mois sur le fait que nous avons beaucoup de familles à la rue ». Selon Nathalie Latour, dans la nuit du 5 décembre, « 5 014 personnes ont demandé un logement et 2 816, dont 1 346 enfants, se sont retrouvées sans solution ». En Seine-Saint-Denis, dans la nuit du 7 décembre, aucune des personnes qui ont appelé le 115 n’avait de logement.

A Lyon, selon Raphaël Vulliez, du collectif Nunca sem Roto, « nous avons recensé 292 enfants des rues et 85 sont hébergés dans des écoles que nous occupons la nuit, c’est un niveau sans précédent ». Selon ce collectif, à l’échelle nationale, 19 établissements d’accueil sont occupés à Lyon, Rennes, Grenoble ou Villeurbanne. « C’est un problème systémique, auquel le gouvernement doit répondre », a déclaré Harmonie Lecerf, assistante à Bordeaux, où plus de 500 personnes étaient sans logement début décembre.

Explosion du nombre de familles à la rue

Face à cette explosion du nombre de familles sans abri, Olivier Klein, le ministre chargé du logement, a assuré le 19 octobre qu’il œuvrait pour que « cet hiver il n’y ait pas d’enfants dans la rue ». Et la décision avait été prise de renoncer aux 14 000 suppressions de postes initialement prévues sur deux ans. De plus, la dégradation du temps a conduit le ministre à demander le 12 décembre aux maires d’activer le plan grand froid.

Mais « dans le Rhône, il n’y a que 67 places, et ce uniquement pour les journées où les températures sont très basses. Ça ne suffit pas, réagit Sandrine Runel, élue lyonnaise. Pour pallier les carences de l’Etat, nos mairies seront obligées de mettre leurs moyens pour abriter les plus vulnérables quand ce n’est pas de notre ressort. Nous n’allons pas laisser les gens dormir dehors, nous n’avons tout simplement pas le choix. A Lyon, alors que les écoles ferment pour les vacances, un gymnase va être inauguré pour réunir les familles qui y ont séjourné. Reste à savoir combien de temps cette solution de fortune peut durer.

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