Sept créations emblématiques de Jacques-Ignace Hittorff, l’architecte de la Gare du Nord

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Written By MilleniumRc

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A l’occasion des 230 ans de la naissance de l’architecte Jacques-Ignace Hittorff, retour sur sept de ses créations iconiques encore visibles à Paris.

Jakob Ignaz Hittorff est né à une époque où les frontières européennes changeaient constamment. Lorsqu’il est né à Cologne en 1792, il était citoyen du Saint Empire romain germanique. Mais quelques années plus tard, les armées révolutionnaires font de Cologne un territoire appartenant à la France. Les habitants deviennent citoyens français. Jakob Ignaz ne fait pas exception et prend le nom de Jacques-Ignace.

A 18 ans, le jeune étudiant part à Paris à l’Ecole des Beaux-Arts. Il en profite pour voyager en Europe, et notamment en Sicile, où il découvre l’architecture héritée de la Grèce antique et la polychromie (avant que les monuments religieux ne soient peints !).

Inspiré par ses voyages, Jacques-Ignace Hittorff revient à Paris. En 1815, elle redevient allemande lorsque le Congrès de Vienne rétablit les frontières de la France aux limites de 1791.

L’année 2022 marque le 230e anniversaire de la naissance de Jacques-Ignace Hittorff. Un cycle de conférences est organisé par la Commission d’Histoire de la Ville de Paris. L’occasion de revisiter l’ensemble de son œuvre. En savoir plus.

L’église Saint-Vincent-de-Paul (10e)

En 1818, Hittorff était officiellement architecte. Il épousa la fille d’un autre architecte, Jean-Baptiste Lepère, qui travaillait à l’époque à la construction de l’église Saint-Vincent-de-Paul (10).

Bien que la première pierre de l’église ait été posée en 1824, les travaux ont été rapidement retardés. Un manque de fonds puis la Révolution de 1830 entravent l’avancement du chantier. Lepère décide alors de confier la poursuite des travaux à son fils.

Hittorff s’approprie le projet et y appose sa signature. Initialement un clocher était prévu, il en ajoutera un second. Imaginez également les escaliers qui permettent d’accéder au bâtiment surélevé, un clin d’œil à la Place d’Espagne à Rome. Le portique est une référence aux temples grecs qu’il admirait quelques années plus tôt. Enfin, Hittorff apporte la couleur qui en fera sa marque de fabrique : des plaques de lave émaillée, peintes par Pierre-Jules Jollivet, ornent une partie de la façade. L’église a été donnée en 1844.

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En 2021, le toit de l’église a fait peau neuve !

La Concorde et les Champs-Élysées (8e)

Après l’église Saint-Vincent-de-Paul, Jacques-Ignace Hittorff aborde le réaménagement de la place de la Concorde et de l’avenue des Champs-Élysées en 1834. C’est à lui, entre autres, que l’on doit l’aspect actuel du quartier.

Construction de fontaines sur la place de la Concorde, aménagement de jardins en contrebas des Champs-Élysées, construction d’immeubles sur l’avenue, le théâtre Rond-Point des Champs-Élysées, le théâtre Marigny (plus tard repris par l’architecte Charles Garnier) et l’actuel Espace Cardin… L’architecte s’en donne à coeur joie pour inventer ce quartier où tout Paris se presse déjà.

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Le cirque d’Hiver (11e)

Paris, capitale du divertissement ? Après avoir construit l’actuel Cirque d’Été sur les Champs-Élysées – et aujourd’hui disparu -, Hittorff s’attaque à la construction du Cirque d’Hiver en 1852.

A l’emplacement d’un ancien réservoir, un polygone à vingt côtés et quarante fenêtres pouvait accueillir à l’époque près de 6 000 personnes. Aujourd’hui, les normes de sécurité limitent le nombre de spectateurs à 1 700.

Le jour de l’inauguration, Napoléon III donne son nom au cirque. A la chute de l’Empire en 1870, l’établissement prend un nouveau nom : il devient le Cirque d’Hiver. Aujourd’hui, il appartient à la famille du cirque Bouglione qui, année après année, continue de surprendre les spectateurs avec ses numéros drôles ou sensationnels.

La fondation Eugène-Napoléon (12e)

Au début de l’année 1853, Paris se prépare pour la fête. Car Napoléon III s’apprête à épouser la comtesse espagnole Eugénie, après presque deux ans.

A cette occasion, la Ville de Paris décide d’offrir une parure de diamants à la nouvelle Impératrice. Mais Eugénie refuse ce don : elle préfère que l’argent serve à construire un orphelinat pour filles.

Trois ans plus tard, le 28 décembre 1856, le bâtiment est inauguré par l’impératrice. En référence au don de la Ville de Paris, Jacques-Ignace Hittorff a conçu le bâtiment en arc de cercle rappelant la forme d’un collier.

Depuis, l’orphelinat est devenu la Fondation Eugène Napoléon. Une résidence étudiante et un lycée professionnel occupent désormais le bâtiment.

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Les mairies du 5e et du 1er

Jacques-Ignace Hittorff, malgré ses origines prussiennes, a été l’architecte de la mode à Paris au XIXe siècle.

de nombreux projets autour de la capitale, comme la mairie du 5ème arrondissement.

A l’origine, l’architecte Jean-Baptiste

Guenepin est en charge de la conception de ce nouveau bâtiment administratif. Mais après un désaccord avec l’administration, Jacques-Ignace Hittorf achève l’aménagement extérieur du bâtiment en 1849. Ce n’est qu’en 1870 que les aménagements intérieurs sont terminés.

Quant à la 1ère mairie, sa construction a eu lieu plus tard, entre 1858 et 1860. Le baron Haussmann, chargé par Napoléon III de transformer Paris, demande à Hittorff d’imaginer un édifice à la hauteur des immeubles voisins, le Louvre et l’Église. de Saint-Germain-L’Auxerrois.

La gare du Nord (10e)

Rien d’étonnant donc à ce que la 1ère mairie ressemble autant à une église, dotée d’un clocher de 38 m de haut. Ses cinq arches et sa rosace mentionnent l’église Saint-Germain-L’Auxerrois qui se trouve à quelques dizaines de mètres.

En savoir plus sur la construction mouvementée de la mairie du 5e arrondissement

mairie05.paris.fr

Le Paris du XIXe siècle est celui du chemin de fer. Les gares sont construites aux quatre coins de Paris. La Gare du Nord a été créée en 1846 et relie Paris à Creil. Rapidement, la gare paraît petite. Un an plus tard, la décision fut prise de l’agrandir.

Jacques-Ignace Hittorff se retrouve à nouveau à la tête d’un grand projet. Entre 1860 et 1865, la nouvelle gare prend racine. Sa façade néoclassique répond parfaitement aux critères esthétiques de la mode du Second Empire (1852-1870). 23 statues ornent la façade et incarnent autant de villes importantes de France dont certaines sont accessibles depuis la Gare du Nord.

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Mais le train symbolise aussi le progrès et la modernité. Hittorff a donc choisi d’ajouter une nef en fonte, fer et verre au-dessus des huit nefs nouvellement créées.

Quant à la première Gare du Nord, elle n’a pas été détruite. Au contraire, elle a été démantelée pierre par pierre, reconstruite plus au nord pour devenir l’actuelle gare de Lille-Flandres.