Stars d’occasion : 22 bateaux intemporels

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Voile Magazine publie depuis quelques temps (presque) tous les mois des critiques de bateaux d’occasion. Nous avons fouillé nos archives pour en extraire une vingtaine de bateaux intemporels : nos coups de cœur ! Mis à jour le 03/10/2022 à 16:30

Sommaire

1- Muscadet, toujours la référence en matière de bateaux d’occasion

Le mouton a cinq pattes, le carré du cercle, l’Alpha et l’Oméga, appelez-le comme vous voulez : ce bateau est un miracle. Iconoclaste en 1963 – sa silhouette fit scandale – se distingua par son comportement très sain et par ses performances surprenantes. Construit par le chantier naval Aubin de 1963 à 1981, toujours en contreplaqué, il a participé à la première Mini-Transat, avec des marins comme Jean-Luc Van Den Heede ou Roland Jourdain, dix-neuf ans en 1983, dont le Muscadet a coulé au large du Cap Finisterre. Lorsqu’il est détrôné sur la Mini par d’autres projets Harlé (Gros Plant et surtout Coco…), sa carrière prend un nouveau tournant : celui du « vintage ».

Dans les années 1990 et 2000, de plus en plus d’amateurs restaurent les vins de Muscadet en utilisant les avancées de la construction en contreplaqué et la nouvelle résine miracle, l’époxy. Ces répétitions extraordinaires, plus performantes que les originales et équipées aux petits oignons, s’affrontent au cours d’une équipe nationale annuelle devenue géante (62 participants à Lézardrieux en 2017) et très participée, avec de grands noms des régates au large à la barre… Au-delà des modes , un super bateau qui a le don d’attirer les sympathies et de faire plaisir à son équipage, tout simplement !

Caractéristiques

Long. : 6,40 m. Largeur : 2,23 m. ET : 1,10 m. Déplacement : 1200 kg. Lestage : 520 kg. SV au près : 25 m2. Gênes : 14,40 m² Grand-voile : 10,60 m2. Cambre. : Philippe Harle. Matériau : contreplaqué. Coût. : Aubin. Années : 1963-1981. Rendement : 750.

2 – Serpentaire, l’autre mini historique

A vrai dire, la Serpentaire est une mini encore plus historique que la Muscadet puisque pilotée par Daniel Gilard, elle a remporté la toute première Mini-Transat, en 1977.

Daniel Gilard a également raconté cette victoire dans une histoire célèbre, « Le petit dauphin sur la peau du diable », écrite avec Jean Noli. L’origine de l’histoire est qu’il avait couru – et beaucoup gagné – en double avec Bernard Veys, l’architecte de la Serpentaire, sur le prototype lancé en 1976. Aujourd’hui encore, la Serpentaire est une véritable bombe pour qui sait utilisez-le, surtout si, comme celui que nous avons essayé en juin 2009, il a un gréement « lac ».

Mais c’est un bateau difficile à acheter, car après quelques années de construction professionnelle chez Pétrel à Nantes (coque en polyester, pont en contreplaqué) de 1977 à 1981, puis au chantier naval SNP Gascon qui produira une cinquantaine d’unités entièrement en polyester, il s’est beaucoup construit en amateur. Autant dire qu’il y a de tout. Mais l’excellent Imessouane essayé à Lorient montre que certains de ces amateurs s’en sont très bien sortis. Et les propriétaires lui ont demandé 8 000 €…

Caractéristiques

Long. : 6,48 m. Largeur : 2,48 m. ET : 1,15 m. Déplacement : 1150 kg. Lestage : 500 kg. SV au près : 29 m2. Gênes : 14,50 m² Grand-voile : 13,50 m2. Spi : 38 m2. Cambre. : Bernard Veys. Long. : 6,48 m. Largeur : 2,48 m. ET : 1,15 m. Déplacement : 1150 kg. Lestage : 500 kg. SV au près : 29 m2. Gênes : 14,50 m² Grand-voile : 13,50 m2. Spi : 38 m2. Cambre. : Bernard Veys. Matière : seconde origine. Coût. : Pétrel / SNP. Années : 1977-1982. Production : 100 (plus 50 amateurs).

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3 – Surprise, pourquoi pas en biquille

Construite depuis plus de quarante ans, la Surprise est un phénomène. Mais c’est avant tout un bateau exultant, rapide, navigable et très fin à la barre. Décliné au fil des décennies en de multiples versions, le plan Joubert a vu son plan de pont évoluer notamment, avec un cockpit sérieusement rajeuni en 1992 et ses appendices.

A cet égard, notez le succès de la double quille souvent méconnue, parfaitement adaptée à la croisière côtière et à peine moins performante que le quillard. Face à un bateau Mini bien plus récent, le Yaka 6.50, le biquille Surprise avait surpris même les journalistes de Voile Mag… Mais pour la régate c’est bien sûr ce dernier qui tient la cote et reste bien présent sur les rétroviseurs l’eau, notamment en Suisse où la classe est encore très active avec régulièrement au moins une centaine de surprises au Bol d’Or.

La Surprise est désormais construite par le chantier Malouin BG Race où un nouveau patron, Jean-Charles Thomas, entend s’appuyer sur le Suisse pour relancer le mythique plan Joubert, ainsi que sur ses frères aînés. Sur le marché de l’occasion, vous pouvez compter sur une myriade d’offres… et sur des prix attractifs.

Caractéristiques

Long. : 7,65 m. Largeur : 2,48 m. ET : 1,60 m. Déplacement : 1250 kg. Lestage : 500 kg. SV au près : 33,50 m2. Gênes : 17 m². Grand-voile : 16,50 m2. Spi : 45/65 m². Cambre. : Michel Joubert. Matériau : stratifié de verre. Coût. : Course de l’Arcambault / BG. Années : de 1976 à aujourd’hui. Production : plus de 1 500.

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4 – First 31.7, un bateau facile à trouver sur le marché de l’occasion  !

Le projet commence à se démoder puisqu’il dérive de la coque du Figaro, premier du nom, sorti en 1989. Mais le First 31.7 a beaucoup gagné en IRC, notamment avec un équipage réduit sur les Vieux Safrans et autres Transquadra. . Bien entretenu et bien géré, il sera tout de même respecté sur un plan d’eau.

Sorti à 1 400 exemplaires, un record pour un croiseur de course, c’est ce qu’on appelle une valeur sûre… et un bateau facile à trouver sur le marché de l’occasion. A noter qu’il a un cousin croisière, l’Océanis 311, de même carène mais équipé d’un pont différent (jupe, barre à roue, etc.), avec moins de voilure et dont le mât est positionné sur le pont (celui du 31.7 est positionné sur la quille).

Caractéristiques

Long. : 9,50 m. Largeur : 3,23 m. ET : 1,90 m. Déplacement : 3 600 kg. Lestage : 1 050 kg. SV au près : 53,40 m2. Gênes : 24,70 m². Grand-voile : 28,70 m2. Cambre. : Finot-Conq. Matériau : strat. verre. Coût. : Bénéteau. Années : de 1997 à 2010. Production : 1400.

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5 – Pogo 8.50, un pogo accessible

Qui n’a jamais rêvé de naviguer en Pogo ? Profiter d’une coque débordée pour garder la serviette à l’abri de la brise sans rougir et s’offrir de longues vagues avec les vagues ? Oui, mais ces bateaux-sandwichs ne sont pas bon marché maintenant. Avec le temps cependant, une série comme le Pogo 8.50 a le mérite de vieillir et donc de voir son prix baisser : c’est la magie du marché de l’occasion…

On les trouve aujourd’hui à des prix allant de 50 000 € à 70 000 €. Lancé en 2001, le 8.50 est le premier Pogo croisière. Après le succès du Mini 6.50 qui a donné son nom à la gamme, l’idée du chantier était de proposer des bateaux marins et rapides, mais pas dédiés à la course (leur rating IRC est difficile à sauvegarder).

Conçu, comme le premier Pogo 6.50, par Pierre Rolland, le Pogo 8.50 utilisait le même type de construction en feutre sandwich, qui s’apparente plutôt à un monolithique. Le Pogo infusé n’arrivera que plus tard et sera sensiblement plus rapide dans l’air léger – c’est le point faible du 8.50.

Caractéristiques

Long. : 8,50 m. Largeur : 3,60 m. ET : 1,75 m. Déplacement : 2 800 kg. Lestage : 850 kg. SV au près : 53 m2. Gênes : 27 m². Grand-voile : 26 m2. Spi : 74 m2. Cambre. : P. Rolland / P. Rosé. Matériau : stratifié de verre. Coût. : Ouvrages Pogo. Années : de 1999 à 2010. Production : 186.

6 – Super challenger, le chouchou

Construit à partir de bois moulé dans les années 1960 et 1970 par des chantiers comme Craff, Quéré ou Yachting Service, ce projet Mauric lancé en 1966 a marqué son époque et reste un grand bateau, élégant sur l’eau et excellent marcheur. Sur le marché de l’occasion, il existe des « Super Chas » pour tous les budgets… et pour toutes les caisses à outils, du bateau vintage reconditionné mieux qu’un neuf à l’ancienne coque dans son jus.

En effet, un Challenger est une base motivante pour un projet de refit. Un vrai candidat préféré. Sur une unité en bois, il y aura probablement des travaux sur le pont (souvent rempli d’humidité), sur le fond et autour de la quille… Le Super Challenger a également été construit en polyester avec les noms Super Challenger Mk III et Super Harlequin (différents logements). On a aussi essayé un Super Arlequin un peu spécial (en teugue, sur Voile Magazine n°116), qui avait fait le tour du monde par deux amis… Quelle histoire !

Caractéristiques

Long. : 9,07 m. Largeur : 2,72 m. ET : 1,40 m. Déplacement : 2 200 kg. Lestage : 1 200 kg. SV au près : 29 m2. Cambre. :André Mauric. Matière : bois façonné ou stratifié verre (selon le site). Coût. : Polo, Craff, Quéré, Gaubert, ACNAM… Années : de 1966 à 1984. Production : 300.

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7 – Dufour 34 performance, la belle époque

Né dans les années du renouveau du chantier Dufour, peu après la fusion avec Grand Soleil, le Dufour 34 a tous les attributs de cette génération d’Umberto Felci. Elégant avec son rouf plat d’inspiration classique, dont la face rectiligne est une signature de la gamme, il affiche un volant de grand diamètre particulièrement flatteur… et le ressenti à la barre est à la hauteur.

D’abord plébiscité par de nombreux équipages de course, il s’est également révélé être un croiseur très agréable. Depuis 2009, il est proposé dans la version dite 34e, caractérisée par un tableau arrière ouvrant qui forme une grande plateforme de bain.

Caractéristiques

Long. : 10,30 m. Largeur : 3,48 m. ET : 1,92 m. Déplacement : 4700 kg. Lestage : 1 500 kg. SV au vent : 65 m2. Gênes : 34 m². Grand-voile : 31 m2. Cambre. : Umberto Félici. Conception : Patrick Roseo. Matériau : stratifié de verre. Coût. : Sorti du four. Années : de 2003 à 2012. Production : nc.

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8 – Feeling 1040, un sacre client !

Le chantier Kirie ne l’a construit que pendant deux ans, passant en 1987 au Feeling 1090 (le même avec un rouf panoramique). Mais quarante ans plus tard, le Feeling 1040 reste très recherché sur le marché de l’occasion, notamment dans sa version GTE (deep draft).

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Comment venir ? D’abord parce que ce plan de Harlé est un marcheur redoutable, très efficace en régate comme peuvent le confirmer par exemple les concurrents de Jean-Luc Van Den Heede aux Sables d’Olonne. Mais aussi parce que ses aménagements en bois clair, très marins comme la cuisine en U facilement intégrable, ont bien vieilli.

Le Feeling 1040 est un bateau polyvalent et fait tout correctement. Régates, croisières et même croisières océaniques – nous avons vu des Feeling 1040 lors d’une année sabbatique autour de l’Atlantique et des équipages heureux à bord. On a souvent dit que la structure des Sentiments de cette période n’était pas solide comme le roc… Rien ne prouve cependant que la construction Kirié de l’époque ait été moins sérieuse que les autres. Et sur de nombreux plans d’eau, les 1040 continuent d’afficher leurs classements aux concurrents !

Caractéristiques

Long. : 10,40 m. Largeur : 3,60 m. ET : 1,80 m. Déplacement : 4 900 kg. Lestage : 2 000 kg. SV au près : 67,10 m2. Gênes : 41,50 m2 Grand-voile : 25,60 m2. Cambre. : Harlé / Mortain. Matériau : stratifié de verre. Coût. : Kirié. Années : de 1985 à 1987. Production : 100.

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9 – Sun Fizz, le bon numéro

Au chantier Jeanneau, à cette époque, jusqu’à quarante Sun Fizz étaient construits en même temps, et un sortait toutes les seize heures… Au total, 651 Sun Fizz ont été produits aux Herbiers de 1980 pour 1986. La raison pour ce succès ? Des talents, tout simplement ! Celle d’un jeune architecte, Philippe Briand, qui a réussi à concevoir un bateau d’un volume incroyable pour l’époque (1,94 m de haut sous barrots), très généreux en rangements de toutes tailles tant dans le cockpit qu’à l’intérieur, et pourtant d’une excellente marcheur.

A l’époque notre confrère Patrice Carpentier en pilotait une dans la course La Baule-Dakar, et on les voit encore monopoliser les podiums à Osiris, comme la Hiva Oa que nous avions testée à Cherbourg en 2011 (VM n°181). Son skipper, Thierry Fortin, avait remporté plusieurs fois le Tour des Ports de la Manche avec un équipage mixte valides et handicapés mentaux. D’autres Sun Fizz collectionnent les tours du monde, comme La Cigale de Lucien Rabbione et sa drôle de niche… Le Sun Fizz, en effet, comme d’autres icônes des belles années de Jeanneau, est le bateau idéal pour une année sabbatique à budget limité.

Caractéristiques

Long. : 11,75 m. Largeur : 3,85 mètres. ET : 1,95 m. Déplacement : 7 300 kg. Lestage : 3 000 kg. SV au près : 81,50 m2. Gênes : 49,50 m² Grand-voile : 32 m2. Cambre. : Philippe Briand. Matériau : strat. verre. Coût. : Jeanneau. Années : de 1980 à 1986. Production : 651.

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10 – RM 1050, le bateau qui a marqué son temps

La formule de la double quille en contreplaqué époxy surmontée d’un belvédère n’était pas nouvelle, mais elle était parfaitement confidentielle. Et c’est le RM 1050, Voilier de l’Année 1999, qui a permis à Fora Marine de populariser ce type de bateau très large, spacieux et lumineux, et pourtant capable de performances honorables si on ne s’attend pas à serrer par vent excessif. . Faire la vaisselle à l’intérieur en regardant le coucher de soleil ou regarder les enfants jouer sur le pont, gonfler facilement le canot sur l’immense pont avant et embarquer détendu depuis la poupe ouverte, atterrir à marée basse sur le sable sans prendre les commandes…

Tout cela est possible avec ce RM qui a bouleversé le cœur de toute une génération de marins. Et Voile Magazine qui, en collaboration avec le chantier, a pu envoyer trois jeunes lecteurs découvrir les Caraïbes à bord d’un superbe 1050 aux couleurs du magazine. Impressionnante également, l’exposition du bateau au Nautic, suspendu – avec de fausses quilles – à la structure du pavillon 1 de la Porte de Versailles ! Aujourd’hui, le RM 1050 – coté 45 600 € par l’Argus du Bateau – est plus accessible que jamais, mais il n’est pas si courant sur le marché de l’occasion, ce qui tend à tirer cette cote vers le supérieur. Si vous aimez ce modèle, mettez-vous en veille et soyez patient.

Caractéristiques

Long. : 10,50 m. Largeur : 3,90 m. ET : 1,60 m. Déplacement : 4 500 kg. Lest : 1 882 kg. SV au près : 63,20 m2. Gênes : 25 m². Grand-voile : 38,20 m2. Cambre. : Marco Lombardo. Matériau : contreplaqué époxy. Coût. : RM-Fora Marine. Années : de 1998 à 2010. Production : 110.

11 – Ovni 435, grand dériveur, éternel baroudeur

Impossible de clore l’album, de nos occasions préférées sans évoquer les ovnis. Des bateaux qui nous ont fait rêver et que l’on peut désormais s’offrir d’occasion, que l’on parte ou non en congé sabbatique… Comme tous les bateaux en aluminium, les UFO ont peu de remise. Pour les acheteurs, c’est à la fois un problème – ils sont assez chers – et un titre – on va bien se vendre. Ce 435 prolongeait de sept ans la carrière de l’Ovni 43, déjà construit de 1991 à 2000. Il s’agissait du même projet Briand, avec un nouveau pont offrant un peu plus de volume et redistribuant les logements.

Plus la cabine en U de l’Ovni 435, mais une cuisine droite située le long du flanc tribord, juste devant la salle de bain. Pour le reste, la philosophie reste fidèle au principe du grand aventurier confortable, capable d’affronter toutes ou presque toutes les mers, et d’atteindre à la dérive les mouillages les plus inaccessibles. Qualité que l’on appréciera également sur une croisière familiale en Bretagne, la facilité d’échouage en plus… A noter également que ces bateaux sont très appréciés des loueurs, qui n’ont aucun mal à trouver des amateurs. On voit aujourd’hui l’Ovni 43 proposé à la vente entre 130 000 et 180 000 € et l’Ovni 435 entre 175 000 et 225 000 €.

Caractéristiques

Long. : 12,90 m. Largeur : 4,20 m. ET : 0,80-2,50 m. Déplacement : 10 300 kg. Lest : 3 600 kg. SV au près : 88 m2. Gênes : 53 m². Grand-voile : 35 m2. Cambre. : Philippe Briand. Matériau : aluminium. Fabricant : Albat. Années : de 2000 à 2007. Production : nc.

12 – J/109,  un voilier qui à la course dans le sang

Elle adore les régates : normal, c’est une J. Mais elle sait aussi offrir suffisamment de confort autour de son luxueux carré arboré pour de belles croisières en famille. Et c’est un peu la signature de Didier Le Moal, le constructeur français de ces bateaux américains qui pour la première fois s’est impliqué dans la conception d’un modèle. C’était en 2001. Depuis, ses équipes vendéennes ont construit pas moins de 400 J/109 ! Et si leur cote reste solide sur le marché de l’occasion, ce sont des bateaux remarquablement construits en sandwich, qui vieillissent donc très bien.

Bien tenus, on pourrait presque dire qu’ils ne vieillissent pas… Gaia, le J/109 de Jean-Marie Barrière que nous avons testé l’an dernier (VM n°255), aurait même tendance à paraître plus jeune ! Il est vrai que l’histoire de ce bateau, construit aux Etats-Unis puis abandonné dans le sud de la France suite à un drame en mer et enfin remis aux petits oignons par ce passionné originaire de Lorient, est un peu particulière… Mais quoi un bateau ! Qu’il s’agisse d’une Transquadra, d’une course en équipage ou d’un programme de croisière rapide, le J/109 est à l’aise avec son grand bout-dehors rétractable. Et quelle leçon sur l’eau…

Caractéristiques

Long. : 10,75 m. Largeur : 3,51 m. ET : 2,10 m. Déplacement : 4 950 kg. Lest : 1 769 kg. SV au près : 83 m2. Gênes : 38 m². Grand-voile : 45 m2. Cambre. :Rod Johnstone. Matière : verre / balsa / vinyle. Fabricant : J Composite. Années : de 2001 à 2015. Production : 400.

13 – Arpege, Le grand frère du Sylphe

C’EST UN DUFOUR qui ne porte pas encore le nom. Véritable best-seller entré dans les annales de l’histoire de la plaisance, il est pourtant tenu à l’écart du musée et proche des lacs grâce à une association raffinée de propriétaires (APA). Un gage de sérénité, plein de conseils lorsqu’il s’agit d’acquérir une unité potentiellement lancée entre 1967 et 1978.

Avec sa carène aux parties arrière en V et aux formes pleines au-dessus de la ligne de flottaison, son style est évidemment daté. Mais l’Arpège est un voilier très marin qui, ne l’oublions pas, a été dessiné par Michel Dufour pour l’Atlantic Cup, ancêtre de la One Ton Cup qu’il a remportée en août 67.

En effet, l’Arpège est un voilier au près assez performant, adapté à un équipage réduit (plus de trois six à l’étroit dans le cockpit de son réservoir). Attention, c’est un voilier de basse mer où l’équipage est plutôt mal protégé par mer agitée. Côté confort, si le cellier est déjà présent, sachez qu’il n’y a pas de couchage double !

La série a subi peu de modifications : en 1970 la longueur hors tout a augmenté de 0,25 m avec l’inclinaison du tableau arrière, et en 1974 le tirant d’eau est passé à 1,50 m.

Caractéristiques

Long. : 9,25 m. Largeur : 3 m. ET : 1,35 m. Déplacement : 3 300 kg. Lest : 1 750 kg. SV au près : 48,50 m2. Gênes : 31,50 m² Grand-voile : 17 m2. Cambre. : M. Dufour. Arbre. : strat. pol. Coût. : Stratifié industriel. Années : 1967-1978. Sortie : 1 500.

14 – Malango 10.45, un croiseur fûté et rapide

PERLE RARE, le Malango 10.45 est un bateau qui ne reste généralement pas longtemps en vente. Les connaisseurs cherchent pourquoi le concept d’un croiseur rapide échoué avec un garage à annexe est unique. Si vous ne trouvez pas le 10.45, essayez le 999 : c’est pareil sans la jupe de 46cm qui améliore l’accès à la mer et allonge la flottabilité pour un peu plus de stabilité dynamique.

Un détail important pour un chantier naval lié au caractère marin de ses unités. Et le Malango est là, surtout dans la brise où il est puissant et rassurant. Marin aussi avec sa cuisine en U, sa grande table à cartes. La construction est en injection pour le pont et traditionnelle pour la coque.

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Pour une occasion, inspecter attentivement le tunnel où l’eau stagnante peut provoquer un vieillissement prématuré du composite, ainsi que les points de contact lors de l’échouage (structure au niveau des béquilles télescopiques, quille). Parce que le Malango est un croiseur échouable !

Caractéristiques

Long. : 10,45 m. Largeur : 3,70 m. ET : 1-2,70 m. Déplacement : 3700 kg. Lestage : 1300 kg. SV au près : 63 m2. Gênes : 30 m². Grand-voile : 33 m2. Cambre. : Julien Marine. Matière : sandwich verre/PVC. Coût. : installations maritimes de la BID. Années : de 2008 à 2016. Production : 21.

15 – Figaro, très affûté et pas rasoir !

LE PREMIER MONOTYPE de la Solitaire du Figaro. En effet, en 1990, l’organisateur de la course décide d’imposer une unité pour cet événement déjà mythique et choisit un plan du groupe Finot construit par Bénéteau. Un voilier exigeant avec un plan de voilure équipé d’un pataras courant qui sera apaisé et simplifié par la suite.

Technologiquement c’est une construction monolithique qui vieillit bien malgré toutes ses années de course. Evidemment les aménagements sont basiques, mais pensez que cette carène a donné vie au First 310 puis au 31.7 mais aussi aux Océanis 300 et 311. Dream Racer Boats propose donc de l’aménager (voir aussi leur travail sur un Figaro 2).

Il reste avant chaque achat à vérifier ses points faibles : gréement dormant (en Rod), moteur (mal protégé) et carène. Car s’il est costaud, il a aussi été fortement travaillé par toute une génération de cavaliers menés par Poupon, Desjoyaux, Le Cam, etc.

Il n’en reste pas moins qu’un Figaro de première génération, comme le titrait Bernard Rubinstein dans Neptune en 1990, est une unité pointue et exigeante qui demande une excellente maîtrise, surtout si vous naviguez en solitaire où il faudra forcément remplir les ballasts s’ils sont toujours en place. Par contre, en duo, il promet toujours de belles sessions de glisse.

Caractéristiques

Long. : 9,14 m. Largeur : 3,22 m. ET : 1,83 m. Déplacement : 2400 kg. Lestage : 900 kg. SV au près : 55,50 m2. Gênes : 30,5 m². Grand-voile : 25 m2. Spi : 73 m2. Cambre. : Groupe Finot / Jean Berret. Matériau : stratifié de verre. Coût. : Bénéteau. Années : 1990-1998. Rendement : 120.

16 – Dufour 40 E, 10 ans et pas une ride

C’EST EN 2009 que le chantier Dufour, peu après la fusion avec Grand Soleil, présente cette unité « haute performance » qui succède au très classique 40 de 2002. Le style se devait d’être plus moderne avec un double volant, une jupe basculante, un rouf discret comme racé.

Les aménagements italiens ont donné une nouvelle vie au site et assurent à cet ensemble un cachet actuel. Les finitions ne doivent pas jouer de tours à l’acheteur tant que le propriétaire en a bien pris soin. C’est sur l’eau que le 40E séduit avec un gréement 9/10 positionné sur une quille dont le lest descend à 2,10m et un pont à injection pour conserver une certaine maîtrise du poids.

De ce fait, le Dufour 40E s’est forgé une réputation de bon marcheur et d’excellent croiseur hauturier.

Caractéristiques

Longueur : 12,35 m. Largeur : 3,89 m. ET : 2,10 m. Déplacement : 7950 kg. Lestage : 2386 kg. SV au près : 93m2. Gênes : 45 m². Grand-voile : 48m2. Arch. : U. Felci. Matériau : strat. verre. Coût. : Sorti du four. Années : de 2009 à 2015. Prod. : 91.

17 – Feeling 1090, une valeur sûre

HARLE ET KIRIE, une association qui n’a donné que de bons résultats ! Cependant, nous mentionnons immédiatement leur principal défaut qui peut être destructeur : le manque chronique

étanchéité de la fenêtre panoramique de la façade du rouf. Si cette affection chronique – commune à d’autres marques – a été correctement traitée, elle peut

pousser l’enquête car un sentiment vaut son pesant d’or si on accepte

Caractéristiques

peinture délavée sur les boiseries en orme clair ou quelques bosses.

18 – Ovni 385, le p’tit baroudeur

Pourquoi tant d’enthousiasme ? Car ce sont des unités qui n’ont rien perdu de leurs qualités : habitabilité, volume et grande navigabilité. 1090, successeur de 1040, hérite de cet ADN. Comme le 1040, le Feeling 1090 était proposé en deux versions ébauches et deux aménagements, deux ou trois cabines surmontées de ce rouf panoramique qui s’arrête au pied de l’arbre et qui rappelle celui du RM 1050, qui l’a sans doute inspiré.

Caractéristiques

Sur le pont, l’art marin parle de lui-même. Son tempérament, sa vitesse, son aisance à la barre et sa capacité à remonter au vent dans le clapot sont plaisants, tandis qu’au portant, l’impressionnante surface du génois fait merveille. Le radeau est également en place, prêt à l’emploi.

19 – First 35, le course façon bénéteau

Longueur : 10,81 m. Largeur : 3,60 m. ET : 1,40 / 1,80 m. Déplacement : 5050 kg. Lestage : 2150 kg. A proximité : 71m2. Gênes : 44 m². GV : 21m2. Cambre. : Harlé / Mortain. Matériau : stratifié de verre. Coût. : Kirié. Années : de 1987 à 1995. Production : 350.

ALUBAT, ROI DE LA SECONDE MAIN. Les modes passent, pas les ovnis. C’est le rachat d’une construction irréprochable, tant pour les chaudronniers que pour les ébénistes. Un OVNI est énorme, dur. Bien sûr, il faut se méfier des fuites électriques, tolérer une peinture de pont qui finira par bouillonner, accepter des performances avec des voiles faibles, mais tous ces points seront balayés par les fans de la marque. Et le « petit » 385. Un projet construit à l’âge d’or du chantier et le dernier de Philippe Briand pour Alubat. Une option très réservée qui vaut son pesant d’or : un petit pare-brise.

Long. : 11,60 m. largeur : 3,80 m. ET : 0,52-2,05 m. Déplacement : 6 500 kg. Ballast : 3600kg.SVauprès : 83m2.Génois : 52m2.Randa : 31m2.Arch. : P. Briand. Matériau : aluminium. Coût : Albat. Années : 1997-2004. Rendement : 90.

AIMEZ LA RÉGATE et la croisière. Deux programmes difficiles à concilier sans provoquer de déception. C’est par exemple le cockpit de ce First qui n’est pas immense pour garder un peu de volume sous le pont mais qui, en même temps, est optimisé pour la jauge IRC.

Caractéristiques

Même s’il n’a même pas remporté la catégorie, il a quand même marqué quelques points dans la régate. On le considère aujourd’hui comme une unité performante, avec un vrai comportement marin et qui reste facile à naviguer en équipage réduit.

20 – Sun Magic 44, le croiseur à tout faire

Les barreurs apprécieront son immense volant, les plaisanciers vanteront son grand tableau arrière, les équipiers se réjouiront d’un plan de pont astucieux, et les convives écouteront les exploits de votre marin dans un carré largement éclairé et aéré grâce aux quatre hublots ouvrants et aux deux panneaux de ponts.

A noter une édition 2016 baptisée First 35 Carbon avec beaupré escamotable en J, espars carbone, safran à roue inclinable en composite, gréement rod et quille plomb.

Longueur : 10,66 m. Largeur : 3,89 m. ET : 1,80 m. Déplacement : 6060 kg. Lestage : 1670 kg. A proximité : 73m2. Gênes : 31 m². Grand-voile : 42m2. Architecte : Bruce Farr. Matière : verre / balsa / vinylester. Fabricant : Bénéteau. Années : de 2009 à 2016. Production : nc.

JEANNEAU AVAIT VU BON en proposant cette belle carène dessinée par Daniel Andrieu en trois versions depuis le début… Propriétaire pour une (grande) croisière confortable, Team pour le charter et Export pour les régates, avec un mât considérablement plus long.

Caractéristiques

Car ce Sun Magic 44 sait tout faire, et bien ! Bien que ses lignes soient très classiques avec une étrave bien angulée, une jupe inversée et un génois à fort recouvrement, il reste un voilier très élégant et performant, surtout au près. Les propriétaires sont unanimes à apprécier son passage remarquable dans le clapot court. A l’intérieur, beaucoup de volume et un carré déplacé sur tribord, face à une grande cuisine américaine.

21 – Gib’Sea 114, le cousin du gin fizz

Le plancher de pont accueille un cockpit logiquement assez étroit par rapport aux productions actuelles. Mais les podiums sont de véritables boulevards. Un bon spot de gréement, bien entretenu… mais le génois de 61m2 demande que les canons soient à plat ! Le Sun Magic, disponible en quillard et dériveur lesté, a connu un second souffle depuis 1990, sous le nom de Sun Odyssey 44.

Nouveau look avec des hublots plus modernes et surtout un potentiel redoutable pour la version Regatta, avec un gréement allongé de 2 m. Aujourd’hui, il reste recherché sur le marché de l’occasion. Pour une famille souhaitant passer une année sabbatique par exemple, il offre un rapport qualité prix vraiment imbattable… Et une réelle sécurité. Une valeur sûre pour la croisière.

Long. coque : 13,10 m. Long. couler. : 10,60 m. Largeur : 4,23 m. ET : 2.12m ou 1.50 / 2.53m. Déplacement : 10 000 kg. Lest : 3 650 kg. SV au près : 98,30 m2. Matériau : stratifié de verre. Cambre. : Daniel Andrieu. Coût. : Jeanneau. production : 420 unités de 1987 à 1993.

LE SAVIEZ-VOUS? Olivier Gibert, créateur du chantier Gibert Marine, était le gendre d’Henri Jeanneau, fondateur du chantier Herbers.

Caractéristiques

Cette parenté explique l’histoire croisée de plusieurs séries, comme

22 – X-99, la machine à gagner

Jeanneau’s Poker, plus tard construit sur Gibert sous le nom de Flush Poker. Quant à ce Gib’Sea 114, il a été conçu comme un Gin Fizz modernisé, dépourvu de son cockpit « baignoire » et de son rouf arrière.

Il ciblait le marché locatif en plein essor. Mais en parallèle, Jeanneau lance le Sun Fizz avec un succès phénoménal… Quoi qu’il en soit, le Gib’Sea 114 reste un croiseur intéressant pour un équipage à petit budget, et pourquoi pas pour une année sabbatique.

Sa production a été arrêtée en 1984 suite à l’incendie du chantier, mais a ensuite été reprise dans une version allongée de la jupe, appelée Gib’Sea 116, qui a été produite jusqu’en 1986.

Caractéristiques

Long. coque : 11,35 m. Largeur : 3,80 m. Déplacement : 7500 kg. Lestage : 2 800 kg. ET : 1,95 m. SV au près : 80,50 m2. Matériau : stratifié de verre. Cambre. : Joubert/Nivelt. Constructeur : Gilbert Marine. Production : 140 unités de 1982 à 86 (dont Gib’Sea 116).