Strasbourg : Il décède d’une hémorragie après 12 heures d’attente aux urgences, sa famille porte plainte

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C’est un drame touchant mais aussi une révolte des soignants. Les proches d’un patient décédé le 17 mars aux urgences du CHRU de Strasbourg après n’avoir reçu aucun soin pendant plusieurs heures ont porté plainte, a-t-on appris mardi auprès du parquet. « La plainte a été déposée cette semaine et a été évaluée et récompensée », a déclaré le procureur sans plus de détails sur les qualifications retenues, ni sur la personne ou les services nommés dans la plainte.

Le patient décédé a été admis aux urgences du CHRU de Strasbourg le mercredi 16 mars. Souffrant d’hémorragies métaboliques, il n’a pu être pris en charge que le lendemain matin, le service étant débordé, selon les témoignages de nombreux membres individuels. Le patient est décédé tôt le lendemain de son arrivée.

Selon Rue89 qui a révélé cet incident, le patient « aurait passé environ 12 heures dans la zone 4, un espace de répartition des malades, qui n’est pas adapté aux soins », avant d’être « pris en charge pour une transfusion sanguine ».

« Ça devait arriver », regrette un syndicaliste

Quelques minutes après sa mort, un « incident grave » a été écrit par le personnel de service. Il y est resté une bonne dizaine d’heures « sans pouvoir bénéficier d’un suivi et d’une prise en charge adaptés à la dégradation des conditions de travail », selon l’un des médecins urgentistes du service.

Les saignements digestifs, « c’est quelque chose qu’on sait bien traiter. Mais indéniablement, retarder le début des soins en raison du manque de lits, c’est une perte de chance pour le patient », a déclaré Sébastien Harscoat, médecin de l’hôpital aux urgences. « Nous sommes arrivés à un point où nous sommes constamment fermés. . On ne peut plus s’installer, malgré nos avertissements, rien ne se passe.

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Selon Christian Prudhomme, secrétaire général de l’organisme Force ouvrière des HUS, cette affluence aux urgences est devenue un problème récurrent. « Ce qui s’est passé est incroyable, mais cela doit arriver », déplore-t-il. « Aujourd’hui, nous avons eu 14 patients de plus qui étaient sur civière pendant plus de 20 heures. Mardi, nous avons eu environ 10 ambulances qui n’ont pas pu faire descendre leurs patients, c’est une catastrophe », a-t-il expliqué à nos confrères.

Le CHRU a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative tout en affirmant qu’il y avait « disponibilité de lits médicaux, de réanimation et de chirurgie » cette nuit-là. Depuis décembre, des centaines de soignants du CHRU de Strasbourg organisent régulièrement des moments de silence observés devant leur fondation pour condamner la « mort annoncée de l’hôpital public ».