Strasbourg : Urgences surchargées, manque de moyens humains et financiers… Aux Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, le personnel est « au bout du fil »

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Le son est clair, la mélodie est fermée. Avec le sourire, le Dr Céline Renfer a commencé cette histoire : « Bien que j’aie 35 ans et mon séjour depuis plus de sept ans aux HUS (Hôpitaux Universitaires de Strasbourg), je fais partie des diplômés. D’autres sont partis, à cause du stress et des conditions de travail. De bonnes personnes, jetant l’éponge. « …

Urgentiste aux HUS, elle est en première ligne pour voir son service, « la porte d’entrée de l’hôpital », pleinement occupé par le manque de personnel et de finances qui modifie son travail : « Nous sommes obligés de publier des calendriers avec des trous , parce que les agents de santé ne suffisent pas.Infirmiers comme médecins, nous sommes à bout de souffle….

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« On sombre dans l’indignité la plus complète »

Son ami, le Dr. Luc Bilger, développe les chiffres de la construction : « Depuis le 1er décembre, on a dénombré 1 121 patients restés aux urgences sans lit, soit une moyenne de 28 personnes par jour et par hôpital. »

Les médecins hospitaliers du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Hautepierre, évoquent le cas des « jeunes, de moins de 40 ans, qui sont contraints de rester debout aux urgences, alors que certains ont besoin d’une hospitalisation. » Une situation qui remonte, comme le dit-il, « avant même le Covid » : « Certaines personnes s’assoient parfois sur des brancards pendant 48 heures, parce qu’il n’y a pas de place à l’hôpital. On sombre dans l’indignité la plus complète. »

« Les gens ne trouvent plus de sens à travailler pour l’hôpital public »

La même observation du Dr. Antoine Pons, anesthésiste réanimateur au Nouvel Hôpital Civil (NHC) : « On ne peut pas ouvrir tous les lits des colis à cause du manque de personnel. En ce moment, avec cette nouvelle vague de Delta-Omicron, il y a dans le Bloc opératoire Beaucoup d’activités. Le planning des opérations est revu quotidiennement. Nous sommes à vue. »

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Comme ses confrères, l’expert voit le « défaut » s’aggraver : « L’effet boule de neige continue, car les gens ne voient plus comme significatif de travailler pour un hôpital public. »

« Clairement un choix de société »

L’avis du Dr Bilger : le Ségur de la santé, la consultation des acteurs du système de santé en France qui s’est déroulée entre mai et juillet 2020, et d’après l' »énorme fumigation » : « l’aide sanitaire se compte en centaines de des millions d’euros, alors que dans d’autres parties, ça se compte en milliards. Ça ne me dérange pas de dire qu’il n’y a plus d’argent, mais ils ne viennent pas nous demander quelque chose d’impossible ! »

Emmanuel Andrès, responsable de la commission médicale d’établissement (CME) des HUS, le reconnaît : « Actuellement, nous avons 200 lits fermés. Nous sommes au bout de ce que nous pouvons faire. » Pour un professeur de médecine interne au CHU, dont le travail au sein du CME s’est fait en étroite collaboration avec l’administration des HUS, le sujet est bien en dehors de la structure strasbourgeoise : « J’attends des candidats à l’élection présidentielle qu’ils le fassent. sujet, car il s’agit clairement d’un choix de société ; Doit-on payer la santé de l’hôpital pour tous ? »

« Le futur, c’est le temps soignant »

Il s’agit selon lui de renforcer « l’attractivité » des compétences qui font l’objet d’une tendance croissante : « L’avenir est un temps de soins. Les gens sont fatigués parce qu’on a changé de métier. manipuler! « 

Initiée mi-décembre par plusieurs médecins strasbourgeois pour « mettre en garde contre les décès programmés à l’hôpital public », une minute symbolique de silence sera à nouveau vue à l’HUS ce vendredi. Une initiative qui sera rejointe par la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian : « Personne n’est à l’écoute de la vulnérabilité du personnel hospitalier qui fait face à des conditions de travail insupportables. »

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