Tempête en Corse : Témoignages déchirants après la catastrophe (partie 2)

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Jointes au téléphone quelques jours après la terrible tempête corse du 18 août, les victimes de cette extraordinaire bombe météorologique se racontent. Et les histoires sont effrayantes !

SALVATORE SODEV : «JE SUIS SUR LA PLAGE, JE N’AI PLUS RIEN»

J’ai jeté l’ancre dans la baie de Sagon, un excellent mouillage que j’ai eu l’occasion de tester plusieurs fois depuis mon arrivée le 19 juillet. J’avais prévu d’aller en Sardaigne – j’ai failli y aller la veille, en fait… – J’étais en train de me faire un café avant de lever l’ancre quand j’ai vu venir un orage. J’ai eu un

le temps de se demander si je devais partir en urgence, pour démarrer le moteur, et l’avant était là.

Trop tard, trop fort : le mur du vent. J’ai essayé d’appuyer sur le moteur, d’aller vers la mer, un effort futile, il n’y avait tout simplement rien à faire. En dix, quinze minutes, je m’appuyais de plus en plus sur le sable.

Le bateau* prenait de l’eau et du sable, j’ai essayé de pomper, mais je n’ai pas étalé et j’ai compris pourquoi : il y avait déjà une grosse fuite au niveau de la jonction quille et coque.

GABRIEL GAUTHIER, PORT DE GIROLATA : «EN SURVIE… DANS LA CAPITAINERIE !»

Cauchemar. Tout ce que j’avais à faire était de sauter sur le sable – le bateau était sur la plage – et de le regarder mourir. Il était tout ce que j’avais, je vivais sur un bateau et je n’avais pas les moyens de l’assurer. Ma chance dans cet accident est que je me suis échoué au bon endroit ! Des gens que je ne connaissais même pas sont venus m’aider, c’était une expérience incroyable. Le meilleur homme réapparaît dans ces moments-là !

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*Perversion 37 (!) de 1981 avec moteur Lombardini 42 cv de 2011. Ce moteur a été retiré d’une épave, à vendre (contacter spasquali@hotmail.com). Vous pouvez également donner un coup de main à Salvatore avec son chat leetchi (https://www.leetchi.com/c/solidarite-salvatore-tempete-sagone-2a).

SANDRINE REVIL : «UN MANQUE D’ANTICIPATION CRIANT»

Capitaine Girolata, avouons-le, c’est un cabanon… Quand on l’a vu venir

ce nuage monstrueux, nous avons fermé la porte. Mais dès le premier rush, la fenêtre

a éclaté. À partir de là, tout s’est mis à voler dans la petite pièce, penche la tête

dehors c’était presque impossible et dangereux car c’était devenu le plus petit objet

missile.

On s’est protégé comme on a pu, on a entendu des appels à l’aide sur la VHF, mais on n’a rien pu faire, c’était la panique générale. Au final, neuf bateaux habitables ont débarqué, plus un gros semi-rigide… La plupart des mouillages n’ont pas duré. Nous venons de croiser un voilier de 23m qui était au vent de tous les autres et en a attrapé quelques-uns, tout comme les bateaux au mouillage qui se sont échappés dès la première houle…