Un monde de honte, et une lutte qui passe du lycée professionnel au désert médical

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Sommaire

Au programme cette semaine :

Merci aux 400 personnes qui nous ont donné leur avis sur « Chez les indés ». Il n’est pas trop tard, vous pouvez encore répondre à notre questionnaire d’une dizaine de minutes et ainsi nous aider à vous proposer une revue de presse toujours plus accessible et utile sur le journalisme engagé. Merci pour votre participation!

« Le Mondial de la honte »

« Le monde de la honte ». C’est le titre de Mediapart dans un dossier consacré à la Coupe du monde de football masculin qui s’ouvre au Qatar le 20 novembre. Une enquête du Guardian publiée en février 2021 a échelonné le nombre d’au moins 6 500 décès de travailleurs étrangers, rappelle Politis. « Les Qataris ont mal anticipé les défis qui les attendaient et ont sous-estimé l’ampleur du front qui les aurait confrontés », analyse Carole Gomez, spécialiste de la géopolitique du sport, dans les colonnes de l’hebdomadaire.

Plusieurs villes françaises comme Paris, Lille, Strasbourg ou Marseille ont renoncé à diffuser la Coupe du monde, observe Vert eco. Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, revient dans une interview à L’Humanité sur ce refus de « mettre un euro d’argent public » pour diffuser un monde qui « a violé les droits de l’homme, sacrifié des vies et accéléré le réchauffement climatique ». Le groupe Bring the Cup to Reason répertorie également les bars promettant de boycotter l’événement. « Boycotter c’est bien, en faire un moment de critique et d’échange collectif c’est encore mieux », estime Dialectik Football, qui cite le projet Babel Café à Paris qui prévoit de projeter 22 matchs de légende. Du point de vue des médias, la plupart des rédactions interrogées par Arrêts sur images ont déclaré sincèrement qu’elles couvriront les enjeux environnementaux et sociaux de la Coupe du monde. Mais personne n’est dupe : « Derrière les bonnes intentions, c’est le poids du public et l’enthousiasme de la compétition qui l’emporteront. »

L’extrême droite à Lyon : panorama d’une galaxie de groupuscules

Photo : CC BY-NC jbdodane via flickr.

« Effondrement, est-ce que tout est vraiment foutu ? »

Depuis sa création, la rédaction de Rue89Lyon documente la présence et les actions des mouvements d’extrême droite à Lyon. Historiquement, Lyon est un carrefour et une terre propice au développement de groupuscules, nationalistes, identitaires ou néo-nazis. Voici un panorama de l’extrême droite dans la ville à travers leur couverture du sujet.

Les lycées professionnels face à la « guerre éclair » du ministère

Ces derniers mois, les actions de désobéissance civile pour le climat se sont multipliées en France et dans le monde. Ainsi, on a pu voir une série d’images de peintures célèbres aspergées par des militants, mais aussi de scientifiques collés au sol ou bloquant des routes, ou encore de militants perturbant des événements sportifs. L’enjeu : alerter l’opinion publique et exiger une action politique à la mesure de l’urgence écologique. Jusqu’où dois-tu aller ? Comment on est venu ici? Pourquoi la désobéissance civile est-elle devenue une sorte de dernier recours pour faire entendre sa voix face à l’inertie climatique ? Décryptage vidéo sur Blast avec Pablo Servigne.

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TuNur : les zones d’ombre derrière l’export du soleil tunisien vers l’Europe

Le rapport de force est revenu dans la mobilisation du personnel enseignant des instituts professionnels qui s’est une nouvelle fois mis en grève ce jeudi contre le projet d’une profonde réforme du secteur qui pourrait être mise en œuvre dès janvier 2023. « Là où les collègues réagissent davantage, il s’agit d’augmenter le nombre de semaines de stage», expliquait dans un précédent entretien un professeur de littérature et d’histoire du lycée pro. « Nous réduisons les leçons avec moins de cours. La question de l’éducation citoyenne est totalement inexistante. »

Le blues des naturalistes en bureau d’études

Depuis dix ans, la société tuniso-britannique TuNur a l’ambition d’exporter le soleil tunisien vers l’Europe et projette de construire d’ici quelques années une méga centrale solaire dans le sud de la Tunisie. Mais cela ne sera pas sans impact sur les communautés et les ressources locales selon le magazine en ligne Inkyfada. « Une préoccupation majeure est le besoin en eau élevé de cette technologie pour le lavage des réflecteurs solaires dans un environnement désertique, ainsi que pendant la phase de refroidissement humide. »

Un réseau de hameaux de santé veut lutter contre les déserts médicaux

Avant un chantier, les naturalistes doivent analyser la faune et la flore d’un site. Mais ils sont sous pression, ils participent même malgré eux à la destruction de la vie. Une perte de sens qu’ils confient à Reporterre. « Nous sommes dans une situation de dissonance cognitive : nous devons accompagner le porteur de projet dans son contexte réglementaire, en essayant de protéger la biodiversité. Mais pour quelqu’un qui nous rencontre sur sa terre, nous sommes les fossoyeurs venus mesurer le cercueil », raconte l’un d’eux.

Victoire du Monde diplomatique contre le groupe Bolloré

Plusieurs villages santé sont en cours de création : à Serres-sur-Arget en Ariège grâce à un collectif de quatre jeunes femmes, ou dans l’Orne. La Relève et la Peste sont allées à la rencontre du fondateur du réseau national des villages de santé, qui vise à répondre au problème de la désertification médicale. Actuellement, 30,2 % de la population française vit dans un désert médical (62,4 % en Île-de-France). Avec des conséquences délétères pour les patients comme pour les médecins : chaque année 1,6 million de patients abandonnent un traitement, tandis que 45 % des médecins généralistes sont en situation de burn-out.

Dans le nord de Melbourne, les habitants s’opposent aux promoteurs milliardaires

Bolloré Africa Logistics n’a pas tardé à le faire. L’article de Fanny Pigeaud intitulé « Au Cameroun, Bolloré en disgrâce » vient d’être publié dans Le Monde diplomatique (janvier 2021) lorsque cette société a envoyé un droit de réponse. « En effet, en guise de ‘droit de réponse’, il nous invitait à publier des éloges pour ses activités – ‘contrat remporté’ après ‘des appels largement contestés’, ‘des offres attractives et crédibles’ – et à mettre en cause ‘des actes frauduleux à la perte de Bolloré « par un tiers », rappelle Serge Halimi. « Le Monde Diplomatique comme CNews n’est pas une chaîne d’extrême droite contrôlée par M. Vincent Bolloré, nous avons refusé de lui servir d’agence de relations publiques. Utilisé pour poursuivre des médias qui ne vous comme eux, la société de M. Bolloré nous a donc assignés en justice. Le 16 novembre, la Cour d’Appel de Versailles a rejeté les demandes de Bolloré Africa Logistics et l’a condamnée à verser au Monde diplomatique la somme de 3 000 euros en application de l’article 700 du le code de procédure civile, à rembourser au Monde Diplomatique les sommes engagées dans cette procédure.

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« On ne peut pas empoisonner les gens comme ils l’ont fait » : l’intrigante impunité d’un groupe agroalimentaire

À Melbourne, la dernière bataille de la guerre du développement immobilier se déroule autour du très apprécié marché de Preston, au nord de la ville. Des promoteurs et des avocats milliardaires prévoient de démolir presque entièrement le marché pour construire un centre commercial et des immeubles d’habitation. Pendant ce temps, une campagne des habitants pour sauver le marché prend de l’ampleur et gagne le soutien populaire. Pour Jacobin, « une bataille de David contre Goliath » se dessine.

Cop 27 : l’urgence d’agir et de payer

Cela fait douze ans que deux salariés de la coopérative agricole Triskalia ont porté plainte suite à leur intoxication aux pesticides. Sortis vainqueurs de l’action civile, ils attendent toujours la décision de la justice pénale. « Pour les petits comme nous il n’y a pas de justice », témoigne Basta ! , l’un des anciens ouvriers, épuisé par ces années de procédures. « Les entreprises doivent savoir qu’elles ne peuvent pas jouer avec la vie des gens. Vous devez en dire assez. Aujourd’hui, il nous faut une affaire pénale », lance Edith Le Goffic, dont le mari s’est suicidé sur son lieu de travail. Edith a réussi à faire reconnaître ce suicide en accident du travail. La faute inexcusable de son employeur a également été reconnue. Présente à côté des salariés de Triskalia, désormais intégré au grand groupe agroalimentaire Eureden, lui, ne baisse pas les bras.

La 27e Conférence des Parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (Cop 27) s’est ouverte dimanche 6 novembre en Égypte. Ce nouveau rendez-vous est confronté à un double défi : réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et garantir un soutien financier aux dommages irréversibles subis par les pays du Sud.La conférence se tient quelques mois après la publication des deux derniers volets du rapport du GIEC, qui apparu au début de l’année, et dans un pays gouverné de manière dictatoriale par le président égyptien al-Sissi.