Urgence crise : dans le Bas-Rhin, les hôpitaux craignent le pire pour l’été

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Publié le : 26/05/2022 – 06:47 Modifié le : 26/05/2022 – 06:48

A l’approche de l’été, les hôpitaux publics se préparent à un été difficile. Dans le sud-ouest de la France, certains services d’urgence ferment la nuit faute de personnel. A Strasbourg, les services d’urgence des hôpitaux publics sont en sous-effectif permanent et envisagent les mois à venir avec inquiétude.

De notre correspondante à Strasbourg, Angélique Ferat

Le début d’année a été difficile. Les ambulanciers ont refusé de se rendre aux urgences pendant un certain temps car le temps d’attente pour qu’un patient soit déposé était de 2 à 3 heures. Puis un patient est décédé au Centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Strasbourg après 14 heures d’attente aux urgences. Une enquête est ouverte sur cet outrage.

Été compliqué

Et l’été s’annonce tout aussi compliqué. Il manque au CHRU au moins trois temps pleins pour fonctionner normalement. Les congés du personnel et les fermetures de lits en aval dans d’autres services n’arrangeront pas les choses.

« Nous ne pouvons pas dire que nous sommes calmes. La question est de savoir comment nous allons procéder si notre activité continue à augmenter. En ce moment nous avons déjà une activité très importante », précise Eric Bayle, médecin urgentiste à Strasbourg.

Le médecin craint que les patients ne soient reportés car des lits dans d’autres services de l’hôpital sont fermés afin que le personnel puisse prendre des vacances. «Lorsque vous avez une augmentation du nombre de patients et des difficultés à admettre des patients à l’hôpital, cela entraîne inévitablement un engorgement des urgences. »

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Dans le département, les urgences de l’hôpital de Sélestat ne sont pas autorisées à ouvrir la nuit faute de médecins, à Haguenau les urgences n’ont pu que limiter l’accès aux cas graves. Dans les Vosges voisines, les services d’urgence de l’hôpital de Remiremont ne pourront pas fonctionner normalement cet été. Malgré plusieurs discussions, aucune solution n’a été trouvée jusqu’à présent.

Les salaires ne sont pas attractifs. Sans intérimaires sur le marché, sans infirmiers, peu ou pas de médecins, la vraie fatigue est palpable. De nombreux médecins se demandent désormais s’ils doivent rester ou quitter l’hôpital public.

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