Vienne : après deux ans d’absence, les boules roulent à nouveau…

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Written By MilleniumRc

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Hier à 12:56, Mis à jour hier à 14:39

La capitale autrichienne est revenue à la fièvre du football. Certaines dates sont déjà terminées.

Les danseurs attendaient ce moment depuis deux ans : se parer de leurs plus beaux atours et se mettre au rythme de l’incontournable Beau Danube Bleu de Johann Strauss. Après les parenthèses Covid, la saison de baseball bat son plein à Vienne. Et ce n’est pas sans déplaire à Deasy et Wahyuni. Ces deux Indonésiennes vivant en Autriche, très élégantes dans leurs robes longues, trépignaient d’impatience en arrivant le 13 janvier au Bal des Fleurs, l’un des plus célèbres des quelque 450 qui animent la capitale chaque hiver.

« On adore être ici », ont déclaré les deux femmes, qui ont respectivement 46 et 50 ans, devant la débauche de couleurs. Dans le majestueux bâtiment néo-gothique de l’hôtel de ville, 2 400 convives se sont pressés devant un éblouissant décor d’arrangements… composé de 100 000 fleurs. « L’ambiance est particulière », offrant un avant-goût de « printemps » dans la grisaille de janvier, a résumé Peter Hucik, directeur artistique du bal.

Un retour en force

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Cette tradition remonte au XVIIIe siècle lorsque les bals de la cour des Habsbourg ont cessé d’être réservés à la seule noblesse. Les Viennois ont adopté les us et coutumes associés à ces fêtes. Chasseurs de balles, cafetiers, pâtissiers, tous métiers, mais aussi toutes coteries, chaque quartier a son événement, du plus farfelu au plus prestigieux, le bal de l’Opéra, programmé le 16 février.

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Oubliez la pandémie de Covid-19, la foule est là. « Les balles reviennent en force », déclare Markus Griessler, responsable du tourisme à la Chambre de commerce. Malgré un prix élevé (de 55 à 180 euros par exemple pour le Bal des Fleurs), les ventes de billets se portent très bien et certaines dates sont déjà sold out. Vienne espère même battre le record 2019/20, comptant 170 millions d’euros de recettes (contre 152 millions auparavant), soit 320 euros dépensés en moyenne par bal et par personne. De l’hôtellerie à la gastronomie, des créateurs aux salons de coiffure, le secteur est en conflit après la récente pénurie alimentaire.

Une saison calquée sur le calendrier chrétien

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« Un Viennois âgé de 15 ans et plus sur trois envisage d’assister à un bal cette année », contre un sur quatre en 2019, note Markus Griessler, sans compter les nombreux participants venant surtout de l’étranger. En ces temps moroses, « c’est clair que les gens ont envie de voyager et de danser », assure Norbert Kettner, le directeur de l’office du tourisme de la ville, qui s’est inscrit trois soirées à son agenda et reste vague sur le sujet.

La saison, qui culmine en janvier et février, est « plus ou moins calquée sur le calendrier chrétien », explique-t-il. Elle se termine donc juste avant le mercredi des Cendres, représentation symbolique du péché et de la vulnérabilité humaine. C’était l’occasion de se purifier après un exercice qui n’était pas du goût de l’Église catholique : « valser de manière aussi intime avec son cavalier était proche de l’indécence », sourit Norbert Kettner.

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Loin de ces préoccupations d’un autre âge, Emma Kennedy, 17 ans, et son compagnon Luca Stamenov, ont ouvert fièrement – et un peu nerveusement – la 99e édition du Bal des Fleurs. Ensemble avec d’autres « débutantes » en robes blanches et smokings noirs, elles n’avaient qu’une idée en tête : danser en rythme et surtout ne pas laisser s’échapper le bouquet.