Voiture d’occasion. Ces nouveaux acteurs européens aux dents longues

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Written By MilleniumRc

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Sous les projecteurs, le marché VO attire toujours plus d’acheteurs et suscite un intérêt grandissant de la part des professionnels de l’automobile, notamment de nouveaux acteurs européens issus du digital. Autohero, Carnext, Cazoo, Heycar affichent leurs ambitions sur les pas d’Aramis Auto.

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Benoît Landré

Publié le 16/02/2022 – 11:57

Mis à jour le 16/02/2022 – 12:16.

L’occasion en avance sur le Web

La société britannique Cazoo se développe en France et ouvrira son premier centre physique en 2022 (le centre de Manchester sur la photo).

Le 12 décembre, l’émission Capital de M6 consacrait son magazine à la pénurie et à la hausse des prix, et à l’alternative des produits d’occasion. La marque VPN Autos était à l’honneur, dans un reportage de 10 minutes, pour représenter les répercussions de la crise des semi-conducteurs sur la vente de voitures d’occasion. Quelques jours auparavant, les médias avaient massivement répondu à l’invitation de Renault à venir découvrir Factory VO, le centre de valorisation de Flins. Toujours en décembre, le groupe anglais Cazoo, spécialisé dans la vente en ligne de voitures d’occasion aux particuliers, a annoncé le démarrage de ses activités en France. La société Heycar, amenée par les constructeurs Volkswagen, Daimler et Renault, fait de même dans les jours qui suivent. Cette exposition soudaine témoigne de l’importance prise par l’opportunité d’affaires, en France comme en Europe. Ce coup de projecteur est aussi un joli camouflet pour une activité qui a longtemps évolué dans l’ombre du nouveau véhicule, car moins rémunératrice, moins valorisante… De nombreux clichés, aujourd’hui lassés, ont longtemps accompagné cette activité dans les années 90 et 2000 ( « la sellette d’attelage de la voiture », « un mal nécessaire »…), où, selon certains professionnels expérimentés, il y avait des vendeurs jeunes ou moins bons. Mais les temps ont changé. L’ère privilégie la seconde main, l’économie circulaire, le reconditionnement… au profit de la planète. Le contexte sanitaire puis industriel a également accéléré cette mutation.

Professionnalisation du business

LIRE. Ré-Usine Renault. Dans les coulisses de la Factory VO à Flins

Le VO s’invite à la télé

La voiture et la mobilité individuelle ont ramené du poil de la bête au détriment des solutions de transport en commun, amenant ainsi les familles à acquérir un véhicule d’occasion. Depuis 2020, les chiffres montrent que le marché est tiré par des produits plus anciens. La voiture d’occasion a toujours eu une longueur d’avance sur la neuve sur Internet, via les infomédiaires d’abord, les sites constructeurs et les groupes de distribution ensuite. L’accélération de la digitalisation et le développement de cours 100% en ligne n’ont fait que favoriser l’émergence des véhicules d’occasion. La réduction du nombre de voitures neuves au catalogue de nombreux constructeurs, la disparition de certains modèles thermiques associée à l’augmentation du prix de vente moyen, liée à l’électrification des gammes, pousse également certains automobilistes à revenir sur ce marché.

Le sport et le foot comme vecteur de communication

« Nous sommes dans une « momentum » où le problème du pouvoir d’achat pèse sur tous les biens de consommation du fait de l’inflation, ce qui pousse les familles à devoir faire des arbitrages, relève Marie Laloy, directrice des services marketing & Aramisauto. Dans le secteur automobile, nous assistons à un changement de paradigme dû à la demande car les voitures neuves sont de plus en plus chères, liées entre autres à l’électrification. Par conséquent, de plus en plus de clients recherchent une offre plus abordable et accessible, mais avec de la qualité et un certain niveau de garantie ».

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Une stratégie multimarque

« Le prix reste le premier moteur d’achat, dans les voitures neuves et d’occasion, et nous continuons à nous battre là-dessus pour tenir nos promesses, comme celle du « meilleur prix garanti » que nous proposons sur les voitures d’occasion. ( NDLR : si le client trouve moins cher ailleurs, l’entreprise s’engage à lui rembourser la différence), précise Marie Laloy. A travers notre sourcing qui repose sur les retours locatifs, les achats externes auprès des bailleurs, l’achat de particuliers ou encore les synergies mises en place avec Stellantis , nous essayons de limiter la hausse des prix des véhicules d’occasion, que nous percevons sur les sites de petites annonces.Mais le service doit aussi permettre d’apporter de la valeur à ce marché, comme la garantie d’un an, notre remboursement de 30 jours garantie, ou livraison à domicile ou en agence sous 24h.

Heycar, la réponse de VW, Daimler et Renault

Les producteurs travaillent depuis plusieurs années pour reprendre le contrôle de ce business, qu’ils ont un temps ignoré ou couvert de manière non structurée. Même si le marché est encore dominé par les échanges entre particuliers, la professionnalisation de l’activité, que ce soit auprès des commerçants ou des commerçants, est une réalité. Pour les réseaux de distribution, c’est aussi une nécessité. « Sur l’exercice 2021, l’activité de seconde main représentera le quart de la rentabilité du réseau, c’est-à-dire que nous avons quasiment un équilibre entre VN semi-net et VO. En moyenne, un concessionnaire a donc gagné autant que sur de l’occasion. véhicules ainsi que des véhicules neufs l’an dernier, après-vente et pièces détachées, dans un contexte c’est vrai que c’est spécifique », informe Ivan Segal, directeur commercial de Renault. France.

LIRE. Entretien avec Marc Lechantre, responsable commercial de l’occasion de Stellantis

Questions Alex Chesterman fondateur et P-DG de Cazoo*

Sur ce marché de l’occasion, les producteurs ne jouent pas les premiers rôles, ils suivent quand ils ne cherchent pas à capter. Pour capter les acheteurs, l’offensive doit être multimarque. Avec l’acquisition d’AramisAuto, en 2016, et le développement de Carventura (plateforme CtoC), en 2017, le groupe dirigé par Carlos Tavares avait déjà senti le vent en poupe. Initialement spécialisée dans la vente de voitures neuves, AramisAuto a commencé au début des années 2000 à se repositionner sur les véhicules d’occasion. Autre symbole fort, le groupe, désormais étendu à la Belgique, l’Espagne et le Royaume-Uni, a introduit son introduction en bourse sur Euronext Paris en juin dernier, pour une capitalisation boursière d’environ 1,9 milliard d’euros. Stellantis opère également depuis trois ans avec sa marque Spoticar qui propose des voitures d’occasion de tous les réseaux de distribution. « Nous voulons que le groupe Aramis soit le leader des ‘nouveaux acteurs’, et l’introduction en bourse réalisée en juin dernier répond notamment à cet objectif, et que Spoticar soit le leader de la distribution ‘phygitale' », prédit Marc Lechantre. Absents de ce marché de l’occasion multimarque, certains autres constructeurs ont choisi de s’allier pour mener la riposte et tenter de jouer les premiers rôles.

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Né en 2017 en Allemagne, le site de vente en ligne de voitures d’occasion Heycar vient de lancer ses activités sur le marché français sous l’impulsion des constructeurs Volkswagen (qui en est le fondateur), Daimler et Renault. Le groupe français et sa filiale RCI Bank and Services sont entrés au capital de la plateforme fin 2021. « Pendant des décennies, nous les constructeurs automobiles n’avons pas bien fait avec les voitures d’occasion, a reconnu Xavier Chardon, président du directoire du groupe Volkswagen France. . , lors de la soirée de lancement de Heycar. Nous avons quitté ce business et de très bons opérateurs ont profité de l’opportunité pour se développer, et sont maintenant bien implantés. Il est intéressant de noter que nous sommes désormais en mesure de nous mettre d’accord pour reprendre le contrôle de ce business et générer de la valeur. Nous sommes concurrents dans certains domaines, mais il y en a d’autres dans lesquels nous pouvons nous compléter. » Heycar ambitionne de proposer plus de 100 000 annonces toutes marques confondues en 2022. Aux Etats-Unis, General Motors a annoncé le 11 janvier le lancement de sa plateforme de vente de voitures d’occasion, baptisée CarBravo, pour concurrencer des acteurs comme Carvana ou CarMax. L’offensive sur ce marché est donc mondiale.

LIRE. Occasion. Volkswagen, Daimler et Renault à l’unisson avec Heycar

Quelles sont les étapes de développement de Cazoo en France ?

Nous avons déjà lancé l’offre principale de Cazoo, qui permet aux consommateurs d’acheter une voiture entièrement en ligne et d’en faire leur chez-soi en quelques jours. Nous sommes un lecteur 100% numérique. Nous vous proposons la livraison à domicile sur toute la France métropolitaine avec une garantie satisfait ou remboursé 7 jours et une garantie 12 mois. Dans les mois à venir, nous ajouterons de nombreuses nouvelles fonctionnalités, comme nous l’avons fait au Royaume-Uni, notamment la reprise par les consommateurs, le financement en ligne et les offres d’abonnement mensuel. Au Royaume-Uni, nous avons actuellement plus de 5 000 voitures disponibles pour les consommateurs et nous espérons atteindre rapidement des niveaux similaires en France.

Quel sera le profil des points de vente physiques que vous devrez ouvrir en France ?

Nous les ouvrirons progressivement en suivant le même chemin que nous avons suivi au Royaume-Uni, où nous avons maintenant 21 centres clients Cazoo détenus et exploités entièrement par nos équipes. Ces sites complètent notre dispositif de livraison et de reprise de voitures au domicile des clients et permettent aux consommateurs de se faire livrer leur voiture ou de déposer leur ancienne voiture.

Envisagez-vous de construire une usine de finition en France, en Allemagne ou utilisez-vous les sites d’autres acteurs pour la finition de véhicules ?

Au Royaume-Uni, nous avons une remise à neuf complète de nos véhicules en interne et avons maintenant 11 sites de préparation de véhicules. En France, nous travaillons actuellement avec des partenaires ; nous sommes notamment associés à Gefco pour la préparation des véhicules et la logistique.