Willy Lambil, « Les Tuniques bleues »: « Dessiner, je ne sais rien faire d’autre »

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Written By MilleniumRc

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Lambil, chez lui, le 4 octobre.

MATCH DE PARIS

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© Hélène Pambrun

A 86 ans, le dessinateur belge signe le 66e tome d’une des séries de BD les plus vendues en France. Nous sommes allés à sa rencontre dans son atelier à Sambreville.

Pendant longtemps, Willy Lambil s’est cru bon à rien. « J’ai rejoint Dupuis comme lettreur à l’âge de 16 ans. Mais en même temps je dessinais, et chaque semaine je proposais des choses à Charles Dupuis. A chaque fois, il a adopté sa grosse voix : « Mais au final, Lambil, il faut encore progresser. A ce rythme, vous n’y arriverez jamais ! »

Willy Lambillotte, né en 1936 à Tamines en Belgique, est tombé dans la bande dessinée à la Libération, grâce aux comics américains adaptés dans la presse belge de l’époque. « Je ne me souviens pas de la guerre, j’étais trop jeune. Je sais que nous avons fui la Belgique à l’âge de 4 ans avec mes parents pour nous installer à Vichy. Heureusement, nous n’y sommes pas restés. Enfin nous sommes rentrés chez nous, nous cachions de la nourriture dans le jardin pour que les Allemands ne nous la prennent pas… La liberté, par contre, était une vraie fête. »

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« Ce nouvel album était aussi un défi pour moi. »

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Hélène Pambrun

Lambil, lui, est resté fidèle toute sa carrière à Blutch et Chesterfield

C’est là que Willy a voulu prendre le crayon et prendre son temps… » « Je me suis marié en 1957, puis je me suis engagé dans l’armée, mais je n’ai pas arrêté de dessiner. Je ne sais rien faire d’autre. »

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Tout en restant accroché à son poste chez Dupuis, il parvient en 1959 à publier les premières planches de «  Sandy et Hoppy » dans « Le journal de Spirou  », sans pouvoir en faire un album complet – la véritable source de revenus de auteur.. Il lui faudra attendre plus de dix ans avant que la mort de son ami Louis Salvérius ne quitte son destin.

« Salvérius était une personne très discrète mais j’ai beaucoup ri avec lui. Il meurt subitement d’une crise cardiaque alors qu’il dessine le quatrième tome de « Blue Tunics ». Raoul Cauvin, le scénariste, m’a proposé de finir l’album. Charles Dupuis m’a dit : « Tu es la dernière personne à qui j’ai pensé, mais pourquoi pas. »

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Dans la série, lancée en 1968, le caporal Blutch et le sergent Chesterfield sont plongés dans le quotidien de la guerre civile. Si le premier est complètement anti-militaire, prêt à tout avec le désert, le second est au contraire intéressé par la chose militaire et entend bien servir son pays contre la Fédération. « En fait, dit Lambil, Blutch est celui qui prend les devants, quand il en a vraiment besoin, et Chesterfield est celui qui sait ne pas céder à des décisions stupides. »

Les héros de bandes dessinées, le sergent Chesterfield (à gauche) et le caporal Blutch.

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Lambil/Dupuis